Cameroun: Présidentielle 2025 - 100 millions Fcfa et une investiture qui fait scandale

100 millions de francs CFA. C'est la somme qu'aurait proposée Maurice Kamto au FDC pour obtenir son investiture à la présidentielle 2025. Une allégation sans preuve à ce jour mais qui enflamme la scène politique camerounaise.

L'accusation qui relance la polémique

Denis Emilien Atangana, figure du Front des Démocrates Camerounais (FDC), a publié une déclaration explosive. Selon lui, une rencontre aurait eu lieu un dimanche soir vers 18h, dans la résidence de Sa Majesté Biloa Effa. Il y affirme avoir discuté directement avec Maurice Kamto des conditions d'une investiture du FDC.

Sa déclaration est précise : "Maurice Kamto avait alors proposé 100 millions au FDC. J'avais jugé ce montant insuffisant." L'accord n'aurait donc pas abouti, faute de consensus sur le montant.

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Cette sortie intervient dans le sillage des propos de Djeukam Tchameni dans son ouvrage récent intitulé Anicet Ekane, mon compagnon de lutte, qui avaient déjà ouvert des questions sur les pratiques de monnayage des investitures dans l'opposition camerounaise.

Une querelle de livres et de démentis

Jean Michel Nincheu, allié du président national du MRC, a été le premier à réagir. Il a catégoriquement démenti tout marchandage politique autour de l'investiture de Kamto pour la présidentielle 2025 au Cameroun. La controverse semblait close.

C'est la prise de parole de Denis Emilien Atangana qui la rouvre. Elle illustre un phénomène bien documenté dans les oppositions africaines : la monétisation des labels partisans comme levier de survie politique et financière pour de petites formations sans assise électorale.

Le marché des investitures dans l'opposition

Le monnayage des investitures se définit comme la pratique consistant, pour un parti politique, à vendre sa candidature officielle à un candidat extérieur qui cherche une couverture juridique pour participer à une élection. Ce système prospère là où les seuils de représentativité sont bas et les contrôles financiers quasi inexistants.

Denis Emilien Atangana n'est pas un acteur neutre dans cette affaire. Selon les informations disponibles, il aurait vendu l'investiture du FDC à un certain Samuel Iyodi. Il aurait également réclamé près de 50 millions de francs CFA à Eugène Nyambal, ancien conseiller au FMI, qui souhaitait lui aussi briguer la magistrature suprême via le FDC. Ces éléments fragilisent considérablement sa crédibilité de témoin.

Pour l'heure, aucun document, enregistrement ou témoignage corroborant n'a été produit pour étayer les allégations contre Maurice Kamto. L'affaire reste, dans l'état actuel, une déclaration unilatérale sans preuve matérielle.

Kamto, Atangana : qui doit apporter la preuve ?

Dans une démocratie, l'accusation exige des preuves. Denis Emilien Atangana en a produit aucune. Le MRC n'a, pour l'heure, pas fourni de réfutation non plus. La question reste donc entière : cette affaire des 100 millions FCFA et l'investiture FDC est-elle une révélation d'un système corrompu ou la dernière manœuvre d'un acteur politique cherchant à négocier sa propre visibilité ?

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