Madagascar: Le 'radaka boka' envahit l'Est

Dans l'Est de Madagascar, le "radaka boka", un crapaud asiatique hautement invasif, se propage à grande vitesse. Entre reproduction massive, toxicité et impacts déjà visibles sur la faune locale, scientifiques et populations tirent la sonnette d'alarme face à une invasion difficilement contrôlable.

L'apparition de l'espèce d'écrevisse Procambarus sp., nommée localement «foza orana», en 2008, a bouleversé la riziculture et la pisciculture des Hautes Terres centrales. Durant cette même période, entre 2005 et 2010, l'apparition des « crapauds buffles» toxiques, appelés localement "radaka boka" (Duttaphrynus melanostictus), constitue une menace croissante pour la faune endémique de l'Est de Madagascar. D'après le Plan national d'action pour la gestion et l'atténuation des crapauds asiatiques à Madagascar 2024-2029 :

« L'éradication du radaka boka n'est actuellement pas réalisable (...) la population dépasse probablement déjà 16 000 000 d'individus sur 858 hectares. » Originaire d'Asie, cette espèce invasive progresse rapidement en suivant les réseaux hydrographiques, colonisant rivières, zones humides et milieux habités. Dans le corridor du canal des Pangalanes, Anitha témoigne : « Il y a beaucoup de radaka boka ici et, quand il pleut, ils sautent partout. Certains entrent même dans la maison... »

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Doté d'une forte capacité d'adaptation, le "radaka boka" s'installe aussi bien en milieu rural qu'urbain. Sa peau sécrète une toxine puissante pouvant provoquer des irritations graves, voire la mort chez certains animaux. Une étude récente signale une mortalité de serpents indigènes (Madagascarophis colubrinus) près de Toamasina. Cette disparition pourrait favoriser la prolifération des rats et engendrer d'autres maladies.

Sa reproduction accentue davantage le danger: une seule femelle peut pondre jusqu'à 10 000 oeufs en une seule ponte, selon des données du chercheur écologiste Fulvio Licata. « Nous sommes face à une espèce extrêmement invasive (...) son expansion pourrait devenir irréversible », alerte Dr Andolalao Rakotoarison.

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