Madagascar: Des femmes négligent le suivi prénatal

Dans certaines localités, le suivi prénatal reste négligé. Cependant, cette situation expose les mères et les nouveau-nés à des risques évitables.

Moins de quatre femmes enceintes sur dix accouchent dans un centre de santé. Ce constat met en lumière une réalité persistante dans le pays. Le suivi prénatal reste insuffisant, malgré les risques élevés liés à la grossesse et à l'accouchement.

« Le recours aux soins demeure limité, souvent en raison de retards dans la prise de décision, du manque d'accès ou de pratiques inadaptées au niveau communautaire », indique le Dr Miary Toky Rajoelina, directrice de la Santé familiale, lors du lancement du projet Tomady, une initiative dédiée à la santé maternelle et infantile, déployée depuis hier et prévue jusqu'en mars 2027. Une initiative portée par l'ONG Development Media International, en partenariat avec le ministère de la Santé publique.

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Plusieurs facteurs freinent encore les efforts d'amélioration, notamment le retard dans la recherche de soins, les difficultés d'évacuation des patientes vers les hôpitaux, faute de moyens de transport adaptés, comme les ambulances, ainsi que les délais de prise en charge au sein des structures sanitaires. Les défis restent considérables. Selon la Direction de la Santé familiale, Madagascar enregistre 298 décès maternels pour 100 000 naissances vivantes, avec une mortalité infantile et juvénile toujours élevée.

Dans certains fokontany, de nombreuses femmes enceintes continuent de se tourner vers les matrones locales. « Pour mes deux accouchements, je ne suis pas allée voir une sage-femme. J'ai accouché chez les matrones du quartier », confie une mère de famille. Elle explique avoir privilégié cette option en raison de la proximité et du coût, mais reconnaît ne pas avoir bénéficié de suivi prénatal. « On pense que tout va bien tant qu'il n'y a pas de problème. Mais on ne sait pas toujours ce qui peut arriver », ajoute-t-elle.

Huit consultations

« Le ministère de la Santé publique reconnaît sa part de responsabilité, mais nous mettons tout en œuvre pour améliorer la situation. Toutefois, le principal obstacle demeure le retard dans l'acheminement des patientes vers les centres de santé. Dans de nombreux cas, les femmes enceintes et les nourrissons arrivent dans un état critique, après avoir eu recours à des pratiques communautaires inadaptées, au détriment d'un suivi médical approprié », poursuit la directrice de la Santé familiale.

Face à cette situation, les professionnels de santé rappellent l'importance du suivi prénatal, encore trop souvent négligé. Pour prévenir les complications, huit consultations prénatales (CPN) sont recommandées. Réalisées au sein des centres de santé, elles permettent d'anticiper les risques et d'assurer une prise en charge rapide en cas de problème, la grossesse comportant toujours des dangers potentiels.

C'est dans ce contexte que s'inscrit la campagne « Tomady », portée par l'ONG Development Media International en partenariat avec le ministère de la Santé publique. Axée sur la communication de masse, elle ambitionne de provoquer un changement durable des comportements.

Le dispositif prévoit de toucher plus de 10 millions de personnes à travers un réseau de 61 stations de radio couvrant les 24 régions, avec 15 diffusions quotidiennes pendant un an. « La communication peut sauver des vies », souligne Guikierba Namoano, Country Manager de DMI, en insistant sur une stratégie fondée sur la science, la narration et la répétition.

L'objectif est clair : encourager les familles à adopter des pratiques essentielles, notamment la vaccination, le recours rapide aux soins, le suivi prénatal et l'utilisation de moustiquaires pour prévenir le paludisme. De son côté, le secrétaire général du ministère, le Dr Ephraim Randrianambinina, met en avant une approche globale : renforcement des capacités du personnel médical, amélioration des équipements, disponibilité des médicaments et rapprochement des services de santé des populations, notamment grâce aux agents communautaires au niveau des fokontany.

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