Madagascar: La filière coton se relance

Le coton, bien qu'exploité depuis 1950, fait encore face à des difficultés qui rendent toute la filière à risque. La campagne de collecte 2025-2026 a toutefois commencé.

Seule la région Atsimo Andrefana cultive et exploite encore le coton. Quelques cinq mille personnes vivent de la fibre végétale et les producteurs et opérateurs sont actifs dans quatre districts, à savoir Morombe, Sakaraha, Ankazoabo et Toliara II. En ce début de campagne de récolte 2025-2026, l'État table sur un prix plancher de 1700 ariary par kilo. Six opérateurs collecteurs, lesquels ont d'ailleurs obtenu leur agrément, se sont lancés pour cette campagne. Vingt-deux opérateurs transporteurs ont également reçu leur agrément de transport.

« Le prix de 1700 ar le kilo n'est pas rentable pour nous personnellement. Le coton, appelé « or blanc », n'est pas vendu à prix d'or du tout. Avec toutes nos charges, le coût d'exploitation revient à 2500 ariary au minimum », explique Ludovic Honaly, producteur propriétaire de 7 ha de coton à Analamisampy, district de Toliara II. Le défrichement cotonnier, le labour, la rasette, les semis, le sarclage qui se fait quatre fois et dix traitements avant la récolte représentent des charges considérables pour le producteur.

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Pour la plus grande coopérative productrice de coton de la région, le KMBH (Kooperativa Mpamboly Hasy), en revanche, un rendement de 800 kg par hectare est déjà intéressant pour les organisations paysannes membres. Pour cette campagne, 6406 t de coton ont été produites dans toute la région, sur une surface totale de 12237 ha et le rendement moyen par hectare est de 523 kg/ha, selon les données du Conseil interprofessionnel du coton (CIC).

La société d'État Hasy Malahasy (HASYMA), créée en 1972, a permis une exploitation florissante. Pour diverses raisons, elle se dissout en 2007 et commence ainsi le déclin de la filière. « En 1972, avec la HASYMA, le rendement à l'hectare était de 2364 kg et la production annuelle à quelques 25 000 t », indique la secrétaire exécutive du CIC, Ioly Razafindratandra.

Pour le CIC, plateforme de concertation et de médiation pour la promotion de la filière coton dans la région Atsimo Andrefana, la restructuration de la filière depuis 2016 a toutefois porté ses fruits. Un arrêté interministériel impose le coton en agriculture contractuelle, laquelle se fait entre les producteurs et les opérateurs, qui avancent le coût des semences et des insecticides, détaille-t-elle.

« Mais l'arrêté interministériel a besoin de mise à jour en incluant le concept du coton « BCI » (Better Cotton Initiative), qui est une culture résistante au changement climatique. Les investissements menés par les opérateurs cotonniers ne suffisent plus. La filière a besoin de subvention étatique », a renchéri la SE du CIC. La surenchère illicite, ou spéculation appelée « Kilabola », a rendu le coton encore fragile. Des producteurs en contrat avec un opérateur vendent leur coton à un autre plus offrant.

« Le ministère de l'Agriculture sensibilise les producteurs au respect du contrat. La relation entre les producteurs, collecteurs et les opérateurs doit être continuellement établie afin d'instaurer la confiance de part et d'autre. C'est le seul moyen d'éradiquer le Kilabola», déclare Gaëtan Ramindo, ministre de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire. La mise en place d'usines de transformation s'avère idéale, non seulement afin de créer de la valeur ajoutée au coton qui est jusqu'ici exporté à l'état brut vers des usines à Maurice et en Chine, mais profitera à la région et au pays.

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