Jusqu'où peut aller l'influence diplomatique de la Chine ? Cette fois, elle ne s'est pas exercée dans une enceinte internationale mais dans le ciel. Le président taïwanais Lai Ching-te a été contraint d'annuler un déplacement officiel en Afrique après des refus de survol, attribués à des pressions de Pékin. Un épisode rare, qui illustre la capacité croissante de la Chine à peser, concrètement, sur les décisions d'États tiers.
C'est une première pour un président taïwanais - et un signal fort. Lai Ching-te devait se rendre en Eswatini, dernier allié diplomatique de Taipei en Afrique, à l'occasion d'une célébration officielle.
Mais son avion n'a jamais pu décoller : les Seychelles, l'île Maurice et Madagascar ont, presque simultanément et sans préavis, retiré leurs autorisations de survol.
Officiellement, ces pays invoquent leur respect du principe d'une seule Chine, qui ne reconnaît pas Taïwan comme État. Mais pour Taipei, Pékin a pesé de tout son poids. La Chine aurait exercé des pressions directes, en brandissant des leviers économiques très concrets comme la suspension de financements, la remise en cause d'allègements de dette, voire des menaces de sanctions ciblées.
Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres
L'épisode illustre une stratégie bien rodée et de plus en plus assumée. Plutôt que d'agir frontalement, la Chine s'appuie sur ses partenaires pour isoler Taïwan, en rendant ses déplacements officiels de plus en plus complexes, voire impossibles à organiser.
En Afrique, où les investissements chinois sont massifs et souvent décisifs, cette influence est particulièrement visible. Et elle place certains États face à un dilemme politique : préserver leurs relations avec Pékin, ou maintenir des liens, même symboliques, avec Taipei.