Le Bureau interafricain des ressources animales de l'Union africaine (Ua-Birb), en collaboration avec la Commission sous-régionale des pêches (Csrp), a ouvert, ce lundi 20 avril 2026, à Dakar, un atelier régional de formation crucial. Pendant trois jours, experts et décideurs planchent sur le renforcement des capacités institutionnelles pour une gestion durable de la biodiversité aquatique dans l'espace sous-régional.
Face à la surpêche, au changement climatique et à la dégradation des habitats marins, l'heure est à l'action coordonnée. C'est dans ce cadre que Dakar abrite depuis hier, lundi 20 avril, un atelier visant à transformer la gestion des Aires marines protégées (Amp) en Afrique de l'Ouest.
Ouvrant les travaux, le colonel Momar Sow, directeur des Aires marines communautaires protégées, représentant le ministre sénégalais de l'Environnement et de la Transition écologique, a planté le décor : « Nos océans sont à la croisée des chemins. Pour nos Nations, la mer est notre poumon économique et le garant de notre sécurité alimentaire ». Il a rappelé l'engagement du Sénégal qui validera sa stratégie nationale 2026-2030 avec une priorité forte sur les Aire marines protégées transfrontalières et la haute mer, en prélude au 6e Congrès mondial des Amp que le pays accueillera en 2027.
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Abondant dans le même sens, Rafik Nouaili, représentant l'Ua-Birb, a souligné que la gouvernance des ressources partagées est un enjeu de souveraineté. « Aucune Amp ne peut être efficace si elle est gérée de manière isolée », a-t-il déclaré, notifiant que l'Ua accompagne les États à travers la stratégie africaine pour l'économie bleue.
Si la création d'Aires marines protégées progresse, leur efficacité réelle reste un défi. Le Dr Khady Sané, de la Csrp, a insisté sur le fait que ces zones sont les piliers de la résilience climatique. Pour elle, le renforcement des capacités humaines est la clé pour transformer les engagements politiques en résultats tangibles sur le terrain.
La gestion des océans, un moteur de prospérité pour l'Afrique
Un constat partagé par Aboubacar Sidibé, représentant de la Fao, qui a pointé du doigt les faiblesses persistantes. « Force est de reconnaître que certaines Amp continuent de rencontrer des difficultés de planification et d'autonomisation financière », a-t-il reconnu. L'organisation onusienne réaffirme son soutien, afin que ces zones deviennent de véritables sanctuaires pour la reconstitution des stocks halieutiques.
L'un des enjeux majeurs de cet atelier, comme l'a souligné Olalekan Paul Akande, de la Cedeao, est l'absence d'Aires marines protégées transfrontalières formelles dans la région. « Les stocks halieutiques ne connaissent pas de frontières ; notre réponse doit donc être coordonnée et harmonisée », a-t-il déclaré, prônant un modèle de cogestion incluant les communautés locales, les femmes et les jeunes.
Mme Beza Berhanu, représentante de l'ambassade de Suède et de l'Agence suédoise de coopération internationale au développement (Sida), a souligné que l'efficacité d'une Amp dépend de la solidité des institutions et d'une surveillance rigoureuse. La Suède réaffirme son engagement à soutenir une croissance inclusive dans la région à travers le projet « Conservation de la biodiversité aquatique ».
Sous la direction technique des experts de l'Ua-Ibar, les participants aborderont une série de modules essentiels allant de l'établissement et la gouvernance inclusive des Amp à l'analyse des cadres juridiques et de la ratification des instruments internationaux, tels que l'Accord sur le traité de la haute mer, plus connu sous l'acronyme anglais Bbnj (Biodiversity beyond national jurisdiction), sans oublier l'intégration cruciale de la résilience climatique dans les stratégies de conservation marine. À l'issue de ces travaux, des recommandations seront formulées pour faire de la gestion des océans un moteur de prospérité pour l'Afrique.
L'atelier, organisé sous l'égide de l'Union africaine, avec l'appui de l'Agence suédoise de coopération internationale au développement, sera clôturé par une visite de terrain dans une Amp sénégalaise afin de permettre aux experts des sept États membres de la Csrp d'observer concrètement les modèles de réussite locaux.