Sénégal: Inclusion économique durable - Le pays mise à fond sur la finance islamique

Lancé hier, mardi 21 avril 2026, à Dakar, le Fonds de Développement de la Microfinance Islamique (FDMI) succède au programme PROMISE avec des ambitions inédites, à savoir mobiliser 200 000 milliards de FCFA en cinq ans, financer 300 000 projets et créer autant d'emplois décents. Une initiative qui marque un tournant dans la politique d'inclusion économique du pays.

Le Sénégal opère un changement de cap dans son approche de l'inclusion économique. À travers le FDMI, les autorités entendent passer d'une logique d'assistance à un modèle d'autonomisation durable. L'administrateur du fonds, Abdou Diaw, dans son mot d'expliquer clairement qu'il s'agit de « passer d'un paradigme d'assistance vers un modèle d'autonomisation économique durable ». Dotée d'une autonomie de gestion, la nouvelle structure hérite du portefeuille du programme PROMISE tout en se distinguant par l'ampleur de ses objectifs et la modernisation de sa gouvernance.

Présidant la cérémonie d'inauguration, le ministre de la Microfinance, de l'Économie sociale et solidaire, Alioune Dione, a souligné la vocation sociale du dispositif. Selon lui, le FDMI constitue « un outil de justice sociale », destiné à offrir une alternative crédible aux Sénégalais exclus du système bancaire classique, en particulier dans les zones rurales où la pauvreté reste plus marquée.

Ledit fonds bénéficie de l'appui de la Banque islamique de développement. Son directeur régional, Nabil Ghalleb, a rappelé que la finance islamique représente aujourd'hui 4 000 milliards de dollars d'actifs à l'échelle mondiale. Loin d'être une niche confessionnelle, elle constitue « une réalité économique mondiale ». Il a également salué l'approche sénégalaise, fondée sur des instruments tels que le Waqf (dotation caritative perpétuelle) et la Zakat (aumône obligatoire), perçus comme des leviers concrets de développement. Sur le plan institutionnel, le président du Conseil de surveillance, Pape Leyti Ndiaye, a mis en avant un dispositif « horizontal et collégial », gage de transparence.

Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres

Il a toutefois souligné une limite : la contribution de l'État ne représente que 13 % des ressources mobilisées. Un niveau jugé insuffisant, appelant à un renforcement des financements publics pour assurer la crédibilité et la pérennité du fonds. Au-delà des ambitions affichées, le FDMI est désormais attendu sur ses résultats. Dans un contexte où l'accès au financement demeure un obstacle majeur pour les petits entrepreneurs, le fonds devra prouver que la finance islamique peut devenir un véritable levier d'émancipation économique pour les populations les plus vulnérables.

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 90 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.