Déjà fragilisées par les séquelles de la pandémie, les petites et moyennes entreprises (PME) subissent aujourd'hui une accumulation de pressions liées à la hausse des coûts de production depuis le début de la crise au Moyen-Orient, au recul des commandes et à une concurrence internationale de plus en plus forte, mettant à rude épreuve leur capacité de survie. La Small & Medium Enterprise (SME) Chamber appelle donc à une série de mesures urgentes.
Le gouvernement en a annoncé quelques-unes, dont la mise en place d'un SME Résilience, Import & Export Continuity Support Scheme, destiné à apporter un soutien ciblé et limité dans le temps aux entreprises affectées, tout en maintenant le *Freight Rebate Scheme existant. Des dispositions sont également prévues pour alléger les contraintes de liquidité et soutenir la continuité des activités, notamment à travers un moratoire ou une restructuration des prêts accordés par la Development Bank of Mauritius Ltd (DBM) et d'autres institutions financières. Un Working Capital Loan Scheme, proposé par la DBM, est aussi envisagé afin d'aider les PME à faire face à leurs besoins de trésorerie à court terme.
Par ailleurs, le mécanisme des comptes Vostro avec l'Inde, permettant de régler les échanges commerciaux directement en roupies sans passer par le dollar américain, devrait faciliter les transactions et réduire la pression sur les devises étrangères.
Face à cette situation, la SME Chamber estime qu'une consultation urgente et régulière entre les autorités et les PME est nécessaire afin d'adapter les politiques de soutien aux réalités du terrain. Elle plaide pour la mise en place d'un mécanisme d'aide sur les carburants afin d'atténuer l'impact de la hausse des coûts de transport et de logistique. Elle demande une nouvelle fois l'annulation du remboursement du Government Wage Assistance Scheme, contracté par plusieurs PME auprès de la DBM durant la pandémie de Covid-19.
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La SME Chamber propose également de favoriser la production locale dans les grands outlets et dans le secteur manufacturier afin de réduire la dépendance aux importations et de soutenir les PME.
Elle plaide aussi pour une meilleure répartition des commandes entre les différentes entreprises ainsi que pour des mesures de soutien ciblées, notamment en faveur des entreprises manufacturières réalisant moins de Rs 50 millions de chiffre d'affaires, afin de préserver leur activité et leur capacité de production.
Selon Ajay Beedasee, président de la SME Chamber, ces demandes s'expliquent par la dégradation continue de la situation des entreprises. «Les PME font désormais face à une nouvelle pression liée à la hausse des coûts d'exploitation, notamment des carburants et des matières premières, bien que celles-ci soient importées d'Asie. Même si la récente hausse de 15 % du prix de l'électricité exempte les petites entreprises et l'industrie, les charges globales continuent d'augmenter.» Il souligne que cette accumulation de contraintes pèse lourdement sur la trésorerie des entreprises, déjà endettées : «Nous ne pouvons pas nous endetter davantage.»
Au-delà des coûts, les PME font également face à une baisse des commandes. La concurrence internationale s'intensifie, avec des pays comme la Turquie et le Bangladesh proposant des coûts de production plus compétitifs, fait ressortir Ajay Beedasee. Il ajoute que le marché local est lui aussi affecté par la présence importante de produits importés, «y compris des pratiques de dumping, notamment des vêtements vendus très bon marché,voire des articles d'occasion importés», déplore-t-il.
Face à ces contraintes, plusieurs PME, selon la SME Chamber, sont contraintes de se réorganiser en réduisant leurs effectifs. Certaines ne renouvellent pas les contrats arrivés à terme, notamment ceux des travailleurs étrangers. «Si la situation devient insoutenable, il y aura un risque de fermeture», avertit Ajay Beedasee.