Ile Maurice: Le mode opératoire d'un duo qui se fait du blé avec de la farine subventionnée

Ils pensaient pouvoir rouler tout le monde dans la farine... avant de se retrouver dans les filets de la Financial Crimes Commission (FCC). Deux suspects, un Comorien et un Mauricien, ont comparu en cour cette semaine. Leur liberté conditionnelle ayant été refusée, tous deux ont été reconduits en cellule. L'enquête sur l'exportation frauduleuse de farine subventionnée connaît de nouveaux développements.

Abdoulhakim Moindze, le Comorien âgé de 40 ans et habitant à Baie-du-Tombeau, a été arrêté le 18 avril à la suite d'une enquête de la FCC. Il lui est reproché d'avoir fait de fausses déclarations afin d'obtenir un permis d'exportation de farine vers les Comores. Selon les éléments recueillis, il aurait affirmé que la farine achetée à Maurice devait être envoyée comme don humanitaire. Or, il est soupçonné d'avoir exporté de la farine subventionnée destinée uniquement au marché local, dans le but d'en tirer des profits, entre juillet 2024 et juillet 2025. Ce stratagème lui aurait permis de réaliser des gains estimés à environ Rs 5 millions.

Le suspect a comparu en cour lundi, où une accusation provisoire de fraud by false representation a été retenue contre lui en vertu de l'article 39(1), (2)(a) de la FCC Act 2023. Les officiers de la FCC ont objecté à sa remise en liberté. Abdoulhakim Moindze a été reconduit en cellule policière.

L'enquête a également mené à l'arrestation de Baboo Virendranathsingh Gowreesunkar, 54 ans, directeur de Ryder Xpress Co. Ltd, interpellé le 20 avril.

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Les autorités le soupçonnent d'avoir conspiré avec le Comorien dans la mise en place de ce système frauduleux. Il aurait facilité l'exportation de plus de 12 000 sacs de farine subventionnée, générant des recettes dépassant Rs 7,7 millions. Les officiers de la FCC ont objecté à sa remise en liberté, invoquant la poursuite de l'enquête et les risques d'interférence avec les témoins. Il a lui aussi été reconduit en cellule policière.

Le mode opératoire du Comorien est au centre des investigations. Il est allégué qu'il achetait des paquets de farine subventionnée dans plusieurs supermarchés du pays, avant de les regrouper dans de grands sacs pour les exporter vers les Comores. Les opérations se seraient intensifiées durant la période cyclonique, période durant laquelle l'argument de don humanitaire aurait été utilisé pour faciliter l'obtention des autorisations d'exportation.

La FCC examine également le rôle de Ryder Xpress Co.Ltd, société incorporée le 18 mars 2019 et opérant dans le secteur de l'import-export, dont le siège enregistré se trouve à Royal Road, PetitRaffray. La compagnie a été radiée le 18 mars 2026 en vertu de l'article 309(1)(b), un élément qui retient l'attention des enquêteurs.

Les investigations portent désormais sur l'ampleur exacte du réseau et l'implication d'éventuels complices. Des vérifications sont en cours concernant les circuits d'achat, les documents d'exportation et les intermédiaires impliqués dans l'acheminement des marchandises. La FCC affirme que toutes les pistes seront explorées.

D'autres développements ne sont pas à écarter dans cette affaire, qui met en lumière l'exploitation présumée de produits subventionnés destinés à la population mauricienne.

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