Afrique: Multilatéralisme, paix et développement - La vision de Macky Sall pour l'ONU

Le Président du Sénégal, Macky Sall, au débat général de la 77e session de l'Assemblée générale des Nations Unies. [Archive]
22 Avril 2026

L’ancien président sénégalais Macky Sall a présenté, ce mercredi 22 avril, au siège de l’Organisation des Nations Unies à New York, sa vision pour l’avenir de l’organisation, lors d’un dialogue interactif avec l’Assemblée générale, dans le cadre de sa candidature à la succession de Antonio Guterres.

Une ambition centrée sur la confiance et le multilatéralisme

Dans son intervention, le candidat a insisté sur la nécessité de restaurer la confiance au sein de l’organisation. « Je souhaite avant tout rétablir la confiance, afin que l’Organisation puisse à nouveau se mettre pleinement au service de tous », a-t-il déclaré.

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Face à un contexte mondial marqué par des crises multiples, il a souligné que « le monde est confronté à de multiples défis : le renforcement des rivalités géopolitiques, les conflits violents, les vulnérabilités liées au changement climatique », estimant que ces crises sont « systémiques ».

Dans ce contexte, il a réaffirmé le rôle central du multilatéralisme. Selon lui, « le multilatéralisme demeure le cadre indispensable de nos ambitions communes », notamment pour préserver la paix, protéger les droits humains et promouvoir le développement.

Macky Sall a mis en avant son parcours politique et administratif, couvrant près de quarante années de responsabilités publiques. « Ce que je souhaite apporter à l’Organisation, c’est une expérience de près de quarante années, du bas de l’échelle jusqu’au sommet de l’État : fonctionnaire, directeur national, ministre, Premier ministre, président de l’Assemblée nationale, puis président de la République pendant douze ans », a-t-il expliqué.

Il a également évoqué son expérience du dialogue et de la prise de décision : « J’ai appris à dialoguer, à écouter, à consulter (…) et à prendre des décisions, parfois difficiles. »

Priorités : paix, diplomatie et droits humains

S’il est élu, Macky Sall affirme vouloir incarner « un Secrétaire général impartial, qui parle à tous et qui écoute tous ». Il ambitionne également de jouer un rôle de médiateur, se définissant comme « un artisan de passerelles entre les nations (…) entre l’Est et l’Ouest, entre le Nord et le Sud ».

Parmi ses priorités figurent le renforcement de la diplomatie préventive et une réflexion sur l’efficacité des opérations de maintien de la paix. Il a par ailleurs insisté sur l’importance des droits humains, rappelant qu’« ils sont universels, indivisibles et interdépendants ».

Abordant la question des conflits, il a souligné leur multiplicité, estimant qu’aucun ne devait être négligé. « Aucun conflit n’est insignifiant », a-t-il déclaré.

Il a toutefois mis en avant certaines situations jugées particulièrement préoccupantes, notamment les tensions impliquant les États-Unis, Israël et la République islamique d’Iran, saluant la poursuite des efforts en faveur d’un cessez-le-feu. Selon lui, les Nations Unies doivent jouer un rôle actif dans la recherche de solutions durables, en particulier pour garantir la sécurité régionale et prévenir les risques, y compris nucléaires.

Le candidat a également évoqué la persistance des crises au Moyen-Orient, notamment le conflit israélo-palestinien et la situation au Liban, appelant à la poursuite des efforts diplomatiques dans la région.

Il a par ailleurs mentionné la guerre entre la Russie et l’Ukraine, ainsi que la situation au Soudan, qu’il a décrite comme l’une des crises les plus graves en Afrique, marquée par des déplacements massifs de populations et d’importants besoins humanitaires.

Face à ces multiples foyers de tension, Macky Sall plaide pour une action diplomatique « forte, cohérente et soutenue » sur l’ensemble des théâtres de conflit.

Développement, dette et partenariats

À l’approche de l’échéance de l’Agenda 2030, il a souligné la nécessité d’accélérer la mise en œuvre des Objectifs de développement durable. Il a également mis en garde contre les défis économiques, indiquant que « le poids de la dette est devenu insoutenable pour de nombreux pays ».

Pour y répondre, il propose une approche basée sur les investissements et les partenariats. Il estime que son expérience à la tête d’un pays en développement lui a appris que les financements publics restent insuffisants et difficiles à mobiliser, notamment pour les infrastructures.

« Or, sans investissements structurants, il ne peut y avoir de transformation économique ni de création massive d’emplois. »

À cet effet, le candidat sénégalais propose que le financement du développement repose davantage sur les partenariats, l’investissement et le commerce, appuyés par un meilleur accès au crédit afin de soutenir la croissance et une prospérité partagée.

Réforme et efficacité de l’ONU

Concernant le fonctionnement de l’ONU, Macky Sall plaide pour une modernisation de l’institution. « Trois impératifs guideront mon action : rationaliser, simplifier et optimiser », a-t-il indiqué, appelant à une meilleure coordination entre les différentes entités.

Il s’est également prononcé en faveur d’une réforme du Conseil de sécurité, estimant qu’elle est nécessaire pour « renforcer sa légitimité, son autorité et son efficacité ».

En conclusion, le candidat a appelé à un sursaut collectif face aux divisions mondiales : « Nous sommes aujourd’hui à la croisée des chemins : d’un côté, un monde de divisions ; de l’autre, un monde d’unité. »

Il a insisté sur la nécessité d’actions concrètes : « Il est temps de prendre des décisions audacieuses. Il est temps de faire mieux. »

Affirmant vouloir « redonner vie à notre idéal commun », Macky Sall a conclu en appelant les États membres à œuvrer ensemble pour « façonner un monde meilleur pour tous ».

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