La visite de James Swan dans l'Ituri intervient après de récentes attaques attribuées aux rebelles ADF.
Le nouveau représentant spécial du secrétaire général de l'Onu et chef de la Monusco, la mission des Nations unies pour le maintien de la paix en République démocratique du Congo, séjourne à Bunia, chef-lieu de la province de l'Ituri, depuis ce mercredi 22 avril.
La visite de James Swan intervient alors que la Monusco fait face à de nouvelles critiques, après de récentes attaques attribuées aux rebelles ADF.
Au début du mois, un convoi de Casques bleus a été bloqué par des manifestants à Mambasa, quelques jours après des violences ayant coûté la vie à au moins 43 civils. Dans ce contexte tendu, l'arrivée du nouveau chef de la Monusco, James Swan, suscite des attentes contrastées.
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La Monusco dispose d'une force d'environ 10 400 hommes répartis entre les provinces du Nord-Kivu et de l'Ituri. Dans cette dernière province, sa présence est critiquée en raison de récentes attaques des rebelles ADF.
Le 7 avril, un convoi de Casques bleus a ainsi été empêché d'accéder à la localité de Mambasa par des jeunes manifestants qui accusent la mission onusienne de passivité.
Quelques jours plus tôt, dans la nuit du 1er au 2 avril, au moins 43 civils ont été tués lors d'attaques attribuées aux rebelles ADF dans le territoire de Mambasa. Les victimes ont été en majorité exécutées à l'arme blanche et par balles, et de nombreuses habitations ont été incendiées.
Opération Shujaa
Une situation que Fala Prince, leader de la jeunesse dans la province, espère voir s'améliorer avec l'arrivée du nouveau chef de la Monusco, James Swan.
Pour lui, "les jeunes doivent collaborer avec la Monusco pour que la paix revienne sur toute l'étendue du territoire. À ce stade, il ne sert à rien d'accuser la Monusco. Nous devons lui donner la quiétude nécessaire pour exercer correctement sa mission sur le sol congolais".
La Monusco n'est pas seule sur le terrain. Depuis 2021, l'armée congolaise s'est déployée, avec l'armée ougandaise, dans les provinces du Nord-Kivu et de l'Ituri, pour combattre les ADF. Mais l'opération conjointe, baptisée Shujaa, n'a pas mis fin aux violences.
Pour la société civile, cette visite du chef de la Monusco devrait déboucher sur une redéfinition du mandat de la mission. Dieudonné Lossa, coordonnateur de la société civile de l'Ituri, rappelle que "la Monusco est là depuis plus de 25 ans. Nous voulons que les choses changent. Nous ne voulons pas une Monusco qui se contente de garder les gens dans les sites de déplacés".
"Les résultats suivront"
Du côté des autorités congolaises, l'arrivée de James Swan pourrait signifier un renforcement de la collaboration déjà engagée entre la Monusco et l'armée congolaise.
C'est ce qu'explique le lieutenant-général Johnny Luboya N'Kashama, gouverneur militaire de l'Ituri : "La Monusco est là pour protéger la population. Nous allons donc continuer à travailler ensemble, comme le détermine le mandat de la Monusco. Les résultats suivront".
James Swan, insiste aussi, pour sa part, sur le rôle de l'Etat congolais. Il assure que "l'Ituri demeure une province prioritaire pour la Monusco. Sa stabilisation nécessite le renforcement de l'autorité de l'État et des efforts conjoints de la Monusco et des forces de défense congolaises".
James Swan a pris ses fonctions le 7 avril dernier à Kinshasa en tant que Représentant spécial du Secrétaire général de l'Onu. Il hérite d'une situation sécuritaire complexe dans l'est de la RDC, et particulièrement en Ituri.
Les groupes armés Codéco, CRP de Thomas Lubanga et les terroristes ougandais des ADF sont actifs dans les territoires de Djugu, Irumu et Mambasa.