Cote d'Ivoire: La justice se penche sur le cas de Kouamé Affoué en détention préventive depuis sept ans

En Côte d'Ivoire, après plus de sept ans de détention au pôle pénitentiaire d'Abidjan, Affoué Félicité Kouamé, accusée d'escroquerie, sera finalement jugée en appel le 6 mai prochain. Décision prise ce 22 avril lors de sa comparution devant la cour d'appel, alors même que son avocat plaidait une nouvelle demande de liberté provisoire. Une affaire qui relance le débat sur les lenteurs judiciaires dans le pays.

L'affaire remonte à mars 2019 en Côte d'Ivoire. Affoué Félicité Kouamé est condamnée en première instance à 20 ans de prison pour « faux et usage de faux ». La justice lui reproche d'avoir escroqué plus de 90 millions de francs CFA (environ 137 000 euros) en promettant à plusieurs personnes des recrutements dans la fonction publique.

Dès le lendemain du verdict, elle interjette appel. Mais depuis, le dossier reste au point mort. Jusqu'à ce que l'affaire refasse surface récemment sur les réseaux sociaux. Le ministère de la Justice se saisi du dossier et évoque un « dysfonctionnement ». Pour Maître Youssouf Méîté, avocat de la défense, cette détention prolongée est tout simplement inacceptable.

Restez informé des derniers gros titres sur WhatsApp | LinkedIn

« Au-delà de trois ans, la cour de la Cédéao considère que le délai n'est pas raisonnable et c'est contraire aux droits humains. Si sa cause avait été examinée, puisque nous estimons la peine disproportionnée, sans doute cette fille ne serait pas aujourd'hui en détention. Mais c'est par la faute de l'administration judiciaire, son ineptie que nous sommes dans cette situation ».

L'Assemblée nationale vient d'adopter un projet de loi créant un Observatoire national de la détention. Un outil qui pourrait permettre d'éviter que ce type de situation ne se reproduise, estime le président par intérim du Mouvement ivoirien des droits humains, Maître Brahima Coulibaly.

« Cet observatoire là, qui dans ses attributions pourra avoir accès à tous les lieux de détention, et puis examiner la situation des détenus, voir si les délais de détention sont respectés ».

À la demande du parquet général, la cour a renvoyé le dossier au 6 mai prochain pour la tenue du procès en appel.

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 90 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.