Ethiopie: Un rapport met l'accent sur les violations des droits de l'homme au Tigré

Dans un nouveau rapport publié le 21 avril, l'organisation de défense des droits de l'homme, Human Rights Watch, dénonce la persécution subie par les Tigréens de l'ouest du Tigré, province du nord de l'Éthiopie. Cette partie du territoire est, depuis la guerre, occupée et administrée par les autorités de la région voisine de l'Amhara. Et d'après l'ONG, elles y pratiquent de multiples exactions à l'encontre des habitants, poussant même nombre d'entre eux à fuir la zone.

« Des citoyens de seconde zone » : voici comment sont considérés les habitants du Tigré de l'ouest de leur région, selon Human Rights Watch, qui dépeint dans son rapport un véritable « système discriminatoire » à l'encontre des habitants de cette province de l'Éthiopie.

Les Tigréens de l'ouest n'ont pas exemple pas accès à leurs papiers d'identité, explique Laëtitia Bader, directrice de l'ONG pour la Corne de l'Afrique. « Ce déni de l'accès aux cartes d'identification est aussi un déni d'accès à des services critiques, un déni à la population tigréenne, la possibilité même de bouger dans la région, donc ça veut dire qu'ils n'ont pas accès à du travail dans les villes ».

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Une jeune habitante raconte aussi : « la plupart du temps, nous n'osons pas nous déplacer. Si les forces de sécurité vous repèrent, elles vous tabassent violemment ».

D'après Human Rights Watch, ces exactions poussent de nombreux habitants à fuir. Des déplacements forcés, qui pourraient constituer des crimes contre l'humanité. Laëtitia Bader espère un sursaut du gouvernement. « Ce qu'on voudrait bien sûr c'est voir des actions de la part du gouvernement à l'encontre des individus qui sont restés dans des positions de pouvoir depuis le début de cette campagne de nettoyage ethnique, et être menés devant la justice pour les crimes graves qui ont été commis dans cette région depuis six ans ».

Cette situation empêche aussi les anciens habitants déplacés par la guerre de rentrer chez eux. Selon l'ONU, plus de 750 000 personnes sont toujours bloquées dans des camps au Tigré.

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