Tunisie: Au fait du jour - Des regrets

22 Avril 2026
opinion

En fin de compte, il y a de ces questions que l'on finit par se poser : nos sports collectifs sont dirigés par les réseaux sociaux qui conditionnent bien des observateurs et, par voie de conséquence, faussent toute appréciation logique.

Que reste-t-il de ces envolées dithyrambiques, de ces éloges enthousiastes, excessifs ? En fin de compte, plus rien. En quelques semaines, « l'homme de la situation » devient un simple « ignorantus, ignorantas, ignorantum ». Les critiques, aussi acerbes que blessantes, introduisent le doute et brouillent la vue des fans. Des fans qui exigent, menacent, n'hésitent pas à agresser, indisciplinés au point de plonger leurs clubs dans des difficultés sans fin.

Le public, ces fans emportés par leur amour exagéré pour leurs couleurs, ont oublié que tel que nous l'avait confié, un de ces jours, feu André Nagy, ce sont les joueurs qui font l'entraîneur. Il n'y a pas de sorcellerie ni de magie. Si une équipe possède des éléments de qualité, si elle possède un ou deux joueurs capables de faire la différence en un coup de génie, l'entraîneur a réussi. Si c'est le contraire, on n'a plus que les yeux pour pleurer.

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Il se peut, bien entendu, que même en jouant correctement, en dominant largement l'adversaire de bout en bout, le ballon n'ira jamais caresser le fond des filets. C'est ainsi. C'est le sport. Il n'y a pas d'explication scientifique de ce manque de réussite qui s'empare du plus médiocre au plus efficace. Il pourrait s'agir de maladresse, de mauvaise formation de base ou d'un manque d'inspiration, mais la vérité du terrain est parfois si étrange qu'on n'arrive pas à la maîtriser pleinement.

Et voilà que pour changer le cours de l'histoire et forcer le destin, on change d'entraîneur. Le plus cocasse c'est qu'il arrive que l'on retrouve ce technicien sur son chemin et que, cet homme remercié arrive à se rappeler au bon souvenir de ceux qui l'ont chassé sans ménagement, « à l'amiable ». Et c'est alors que les regrets ne servent à rien.

Combien avons-nous eu d'équipes qui ont appliqué cette stratégie du fusible le plus faible devant sauter pour sauver la face des dirigeants ? On en a tout au long de la saison et ces réactions ne sont pas le propre des équipes tunisiennes. Des associations sportives des cinq continents, de renom, ont procédé à ces renvois qu'elles regrettent une fois qu'elles se retrouvent face à des réalités tangibles. C'est exactement le cas de ces techniciens qui bénéficient d'un concours de circonstances à favorables et que l'on remercie au moindre faux pas. En fin de compte, c'est le lot de toutes les équipes dirigées par les réseaux sociaux. Qu'on se le dise.

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