Comores: Le syndicat des journalistes change de visage sur fond de tensions

Le Syndicat national des journalistes comoriens (SNJC) a renouvelé, mercredi 22 avril, son bureau pour un mandat de deux ans, lors d'une assemblée générale tenue au siège du journal Al-Watwan, à Moroni. Défense des sources, conditions de travail, précarité ou encore dialogue avec les autorités, les enjeux restent nombreux pour une profession confrontée à des défis structurels et politiques.

Le bureau sortant a mis en avant plusieurs acquis importants dans l'exercice de la profession, notamment le maintien de la loi sur la protection des sources. Une règle incontournable du journalisme, qui a pourtant été menacée lors de l'adoption, l'année dernière, du nouveau Code de l'information. « Ils ont voulu changer cela, mais nous nous sommes battus corps et âme et, heureusement, nous avons eu gain de cause », s'est félicité Ahmed Bacar, président sortant du Syndicat national des journalistes comoriens, qui, lors de sa prise de parole, a défendu son bilan.

« Nous avons aussi réussi à maintenir la mutuelle de santé des journalistes, nous avons réussi aussi à défendre les journalistes qui étaient arrêtés que nous avons réussi à faire libérer, nous avons réussi à arracher une place au sein du Conseil national de la presse et de l'audiovisuel (CNPA) », a-t-il égrené, « avant, les journalistes n'étaient pas représentés au sein du conseil. »

Un bilan que devra prolonger la nouvelle équipe, désormais dirigée par Chamsoudine Saïd Mhadji, qui appelle à plus de solidarité et de professionnalisme, dans un contexte de tensions persistantes autour de la liberté de la presse. Dans la lignée de son prédécesseur, il a assuré que « nous allons travailler avec le Cnpa pour que la majorité des médias qui se trouvent aux Comores puissent être enregistrés ».

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D'autres préoccupations vont par ailleurs occuper le nouveau président, telles que la question des fonds de la presse privée. « Nous allons voir le gouvernement et les députés pour que ce fonds prévu par le Code de l'information soit mis en place à partir de 2027 avec la loi des finances », a-t-il promis.

Chamsoudine Saïd Mhadji et son équipe héritent donc d'un chantier dense, consistant notamment à faire vivre le Code de l'information, mieux structurer la profession et défendre des conditions de travail plus dignes.

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