Burkina Faso: Se conformer à la loi

Le déroulé de l'assainissement dans l'environnement des Organisations associatives et Organisations non gouvernementales se poursuit au Burkina Faso. Cela, conformément à la volonté affichée des autorités de refonder l'Etat et d'améliorer le système de gouvernance du pays dans toutes ses composantes, tout en s'inscrivant dans le cadre de la Révolution populaire progressiste (RPP) pour un Burkina nouveau.

On se rappelle que l'Assemblée législative de Transition (ALT) a, en effet, adopté, à l'unanimité, la loi n°011-2025/ALT, portant Liberté d'association au Burkina Faso. Promulguée quelques jours plus tard, la nouvelle législation remplace celle de 2015, qui s'est avérée désuète face aux réalités du moment, mais surtout eu égard aux dérives notoires constatées ces dernières années dans ce milieu. Autant dire qu'une véritable « opération de salubrité publique » s'imposait, afin d'assainir le milieu associatif dont les actions sur le terrain du développement manquaient, quelque peu, de lisibilité et de visibilité.

De nombreuses associations, ONG ou Fondations avaient été répertoriées en 2025 par les services en charge des libertés publiques. Face à cette situation, l'on se demande qui fait vraiment quoi et quelle valeur ajoutée réelle ces structures apportent à la société, en matière de développement. Et, le Burkina n'est pas le seul terrain où ce jeu est très développé.

Nonobstant les interprétations diverses que l'assainissement du milieu associatif soulève, il faut dire qu'il était temps de sonner le glas de cette « pagaille » pour une gestion efficiente de l'administration du territoire national. A l'épreuve des défis liés au contexte sécuritaire qui, du reste, nécessitent encore plus de besoins à tous les niveaux, le pays a besoin d'ordre. Cela, d'autant plus que certaines structures associatives n'ont pas pris la mesure du changement de paradigme en accumulant, malheureusement, manquements et irrégularités préjudiciables à tous.

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C'est ainsi que dans la mise en œuvre de cette nouvelle loi, le ministère de l'Administration territoriale et de la Mobilité, dans un communiqué, a publié, le 15 avril dernier, une liste de 118 associations réputées dissoutes. Après cela, ce sont 359 associations qui ont été suspendues, à compter du 21 avril 2026. Les raisons évoquées sont, entre autres, le non-renouvellement de leurs instances, conformément à leurs statuts et règlement intérieur et à la loi en vigueur.

Durant toute la période de cette sanction, les activités de ces associations sont strictement limitées : seules les actions visant à régulariser leur situation administrative sont désormais autorisées. Pour retrouver leur plein droit d'exercice, le gouvernement appelle ces structures à procéder au renouvellement de ses instances. La levée de la suspension sera conditionnée par l'obtention d'une attestation de renouvellement formelle pour la reprise de leurs activités respectives.

Il est vrai que les organisations associatives, d'une manière ou d'une autre, ont une part contributive dans la dynamique du développement socioéconomique d'un pays. Mais, cela devrait se faire dans le strict respect des textes en vigueur pour le bien de tous. Ainsi, si tant est que l'objectif que se fixe cette foultitude d'associations est d'accompagner les actions de développement, leurs responsables devront comprendre la nécessité de se conformer aux termes de la législation en vigueur, afin de pouvoir travailler en toute sérénité. Car, comme l'avait relevé Jean Jacques Rousseau, « L'obéissance à la loi qu'on s'est prescrite est liberté ».

 

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