Dans un contexte de recomposition énergétique mondiale, l'Afrique revendique le droit d'exploiter ses ressources pétrolières et gazières pour soutenir son développement, en rupture avec les pressions climatiques des pays industrialisés.
Réunis les 22 et 23 du mois courant, à Paris (France), lors de l'événement Invest in African Energy, ministres et investisseurs ont mis en avant l'attractivité du continent. Face à un baril du pétrole élevé et un Moyen-Orient instable, l'Afrique s'impose comme un pôle stratégique.
Pour Werner Ayukba, vice-président de la Chambre africaine de l'énergie, la conjoncture actuelle constitue un tournant majeur. Loin d'y voir une menace, il insiste sur le rôle que le continent peut jouer dans un environnement international incertain : « L'Afrique peut se positionner comme une ancre de stabilité dans un contexte global marqué par de nombreuses tensions géopolitiques. »
Cette lecture optimiste se traduit déjà dans les décisions d'investissement. En Namibie, les projets Venus et Mopane illustrent l'accélération des engagements des compagnies internationales sur le continent.
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Au coeur de son argumentaire, Werner Ayukba défend avec force la nécessité pour l'Afrique de capitaliser sur ses ressources énergétiques : « Il y aura une demande pour les 30, 40, voire 50 prochaines années. L'industrialisation de l'Afrique ne se fera qu'avec son énergie, et cette énergie nécessite des investissements significatifs dans le pétrole et le gaz. »
Faire des hydrocarbures un levier de souveraineté économique
Sur le terrain environnemental, son discours se fait encore plus trancher, appelant à une lecture plus équitable des responsabilités climatiques : « L'Afrique représente moins de 4% des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Si l'on exclut l'Afrique du Sud et l'Égypte, ce chiffre tombe à moins de 1%. Ce n'est pas un problème causé par l'Afrique, mais par d'autres régions du monde. »
Et d'interpeller directement les pays industrialisés : « Nous appelons ceux qui ont le plus contribué à la pollution à réduire leur empreinte. Ce n'est pas à l'Afrique de le faire en priorité. Ces pays doivent ralentir pour permettre à l'Afrique de se développer. »
Au-delà de ces prises de position, la stratégie africaine repose sur un principe clair : faire des hydrocarbures un levier de souveraineté économique. Mais cette ambition reste conditionnée à un défi majeur : la qualité de la gouvernance.
La transformation de la rente pétrolière en développement durable exigera des institutions solides, une gestion transparente et une volonté politique constante. C'est à ce prix que le continent pourra convertir cette opportunité historique en croissance inclusive et durable.