São Tomé-et-Príncipe - le Groupe de la Banque africaine de développement approuve un don de 24,5 millions de dollars pour appuyer la transition énergétique de l'archipel

23 Avril 2026
Contenu d'un Partenaire Premium
African Development Bank (Abidjan)
announcement

Le Fonds africain de développement a approuvé un don de 24,5 millions de dollars en faveur de São Tomé-et-Príncipe, qui vient étayer un investissement historique de 30 millions de dollars destiné à transformer le paysage énergétique de ce pays insulaire et à accélérer sa transition vers l'abandon du diesel, une source d'énergie coûteuse et polluante.

Le Projet pour la transition, l'efficacité et l'expansion énergétiques (ETREEP) est un ambitieux projet d'investissement dans les énergies propres qui vise à soutenir la transition énergétique à São Tomé-et-Príncipe et promet de transformer le quotidien de plus de 200 000 habitants sur les deux îles. Il constitue la pierre angulaire du Pacte énergétique national de São Tomé-et-Príncipe, qui engage le pays à atteindre l'électrification universelle et à atteindre une part de 50 % d'énergies renouvelables d'ici à 2030. La mise en oeuvre du projet s'étend de mai 2026 à novembre 2031.

Près de 95 % de la production d'électricité du pays repose sur des combustibles fossiles importés, pour un coût de production de 0,30 dollar par kilowattheure, l'un des plus élevés d'Afrique. Des coupures de courant quotidiennes de trois à quatre heures perturbent le fonctionnement des hôpitaux, des écoles et des entreprises, tandis que les pertes techniques et commerciales absorbent plus de 34 % de l'électricité produite avant même qu'elle n'atteigne les foyers. Le projet ETREEP a pour objectif de briser ce cercle vicieux.

Les trois composantes du projet fonctionnent de concert pour bâtir un système énergétique plus propre, plus fiable et plus inclusif.

Mille lampadaires LED à faible consommation d'énergie remplaceront les installations obsolètes sur l'île de São Tomé, améliorant ainsi la sécurité publique et réduisant le gaspillage d'énergie. Le projet prévoit la construction d'une nouvelle centrale solaire photovoltaïque de quatre mégawatts crête, couplée à un système de stockage d'énergie par batterie de 2 MWh, sur l'île de Principe, faisant de celle-ci l'un des hauts lieux de la biodiversité mondiale totalement autonome grâce aux énergies renouvelables.

Le projet permettra de réhabiliter et de moderniser les réseaux basse tension de l'île de Principe et de moderniser le centre national de dispatching, véritable centre névralgique du réseau électrique, afin de gérer l'intégration de nouvelles sources d'énergie renouvelables. Dans le cadre de ces interventions, plus de 40 000 compteurs d'électricité prépayés seront installés sur les deux îles, favorisant ainsi l'accès universel à l'électricité tout en réduisant les pertes commerciales qui compromettent la viabilité financière de la compagnie de service public.

Le projet permettra également de renforcer l'Empresa de Água e Eletricidade (EMAE, compagnie nationale de production, transport et distribution d'électricité dans l'archipel) et le ministère des Infrastructures et des Ressources naturelles grâce à un renforcement des capacités ciblé, des formations techniques et un soutien en matière de conseil, équipant ces deux institutions afin qu'elles puissent pérenniser ces acquis pour les années à venir.

Cinquante mille foyers devraient bénéficier directement de ce projet, et 2 000 nouveaux raccordements électriques seront créés. Les taux de facturation et de recouvrement devraient passer de 50 % à 80 %, ce qui permettra de réduire les subventions énergétiques qui pèsent sur le budget national. L'objectif est de faire passer les pertes non techniques de 34 % à 20 %.

Pour les femmes, qui supportent de manière disproportionnée le fardeau d'un approvisionnement énergétique précaire, l'amélioration de l'éclairage public, l'accès à une énergie domestique plus propre et de nouvelles opportunités d'emploi constituent un soulagement concret. Pour les jeunes, qui représentent près de 79 % de la population et sont confrontés à un taux de chômage pouvant atteindre 22,6 %, le projet ETREEP créera des emplois directs et soutiendra la formation de 200 jeunes aux compétences vertes dans les domaines de l'énergie solaire et de la maintenance électrique.

Le Fonds africain de développement contribue à hauteur de 19,02 millions de dollars provenant de sa dotation au titre du FAD-16 et de 5,43 millions de dollars provenant du Pilier I de la Facilité d'appui à la transition. Un financement parallèle supplémentaire de cinq millions de dollars provenant d'autres partenaires est attendu, le gouvernement apportant quant à lui un soutien en nature.

« Ce projet représente bien plus qu'une simple infrastructure. C'est l'affirmation d'une conviction : celle que les petits pays insulaires méritent une énergie moderne et durable, et qu'avec les partenariats adéquats, ils peuvent y parvenir », a souligné Pietro Toigo, chef du bureau pays du Groupe de la Banque africaine de développement pour l'Angola et São Tomé-et-Príncipe.

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 90 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.