Un modèle d'épargne mobile soutenu par la Banque africaine de développement transforme les moyens de subsistance des agricultrices en Afrique de l'Ouest

23 Avril 2026
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African Development Bank (Abidjan)

Dans la région de Thiadiaye, à l'Ouest du Sénégal, le champ de mil de Khady Diouf à Médine, produisait autrefois 30 kilogrammes de cette céréale riche en nutriments. Aujourd'hui, elle récolte 64 kilos de mil sur la même parcelle. Cette augmentation du rendement n'est due ni à la chance ni aux conditions météorologiques. Elle résulte plusé de l'accès à des semences résistantes à la sécheresse, à des engrais de qualité et à une formation aux pratiques agricoles climato-intelligentes, fournis par myAgro.

Fondée en 2011, myAgro est une entreprise sociale basée au Sénégal qui aide les petits exploitants agricoles à acheter des intrants agricoles de haute qualité, tels que des engrais et des semences climato-intelligentes, par le biais d'une plateforme mobile dénommée « layaway » (réservation des produits avec livraison à l'issue d'un paiement échelonné).

Les agriculteurs épargnent progressivement sur une période de six à huit mois à l'aide de leur téléphone portable, les prix étant bloqués dès le départ pour les protéger des fluctuations saisonnières. Une fois les paiements effectués, myAgro livre les intrants à temps pour la saison agricole. L'entreprise fournit également une formation complémentaire en agriculture climato-intelligente. En 2025, myAgro a servi plus de 250 000 agriculteurs au Sénégal, au Mali et en Côte d'Ivoire, parmi lesquels 65 % de femmes.

La façon dont Mme Diouf a mis à profit ces kilogrammes supplémentaires illustre une dynamique de gains cumulés qui va bien au-delà de l'augmentation des rendements. Elle a vendu le mil et acheté un mouton. La saison suivante, elle a vendu davantage de mil et acheté un autre mouton. Elle a élevé les deux animaux, les a vendus en réalisant une plus-value et est passée au stade supérieur en achetant une vache, avec encore assez d'argent pour acheter un petit troupeau de poulets.

Dans les zones rurales d'Afrique de l'Ouest, le bétail est l'un des rares actifs productifs que les femmes peuvent posséder et gérer de manière indépendante. L'évolution de Mme Diouf, passant de l'élevage ovin à l'élevage bovin, marque une trajectoire d'accumulation de richesses qui a renforcé à la fois son indépendance économique et sa position au sein de son foyer.

« Mon ambition est d'être un modèle au sein de ma communauté. Je suis passionnée par l'agriculture et l'élevage. Je partage les expériences précieuses que j'ai acquises grâce à myAgro avec d'autres femmes, en les encourageant à suivre mon exemple », souligne-t-elle.

Le Mécanisme catalytique de financement des PME agricoles du Groupe de la Banque africaine de développement (ACFM) est un mécanisme de financement mixte conçu pour dérisquer et accroître le financement des petites et moyennes entreprises agricoles à travers l'Afrique. Le Fonds fournit à myAgro une assistance technique, financée par le gouvernement du Canada, incluant un don à Open Capital, société de conseil en gestion et de conseil financier basée à Nairobi, pour la mise en oeuvre du programme de soutien.

Grâce à ce programme, myAgro a bénéficié de conseils stratégiques pratiques pour affiner sa stratégie de financement et nouer des liens avec des investisseurs qui partagent sa mission. L'entreprise a ainsi obtenu 1,3 million de dollars américains de nouveaux prêts et est actuellement en pourparlers pour lever des fonds supplémentaires.

À Fouh, dans la région de Koulikoro, au nord-est de Bamako, au Mali, la participation de Naba Keita, productrice d'arachides, au programme myAgro lui a permis d'obtenir de meilleurs rendements et de gagner en estime tant au sein de sa famille que dans l'ensemble de la communauté.

« Ma contribution aux dépenses du ménage est vitale pour le bien-être de la famille. Lorsque j'ai commencé à contribuer, mes enfants m'ont considérée comme un modèle. Grâce à l'amélioration de ma situation financière, j'ai acquis une excellente réputation parmi les femmes leaders de mon village », sourit-elle.

L'expérience de Mme Keita n'est pas un cas isolé. Les femmes constituent la majorité de la main-d'oeuvre agricole en Afrique. Pourtant, les PME agroalimentaires du continent font face à un déficit de financement annuel de 180 milliards de dollars américains, un déficit aggravé par des obstacles systémiques liés au genre qui entravent l'accès au financement et aux opportunités de croissance. Le Fonds répond à ce défi en déployant des financements concessionnels et un soutien technique afin de transformer cette démographie en un dividende économique.

Pour Mossane Faye, qui est également à Thiadiaye, à environ une heure et demie de route au Sud-Est de Dakar, le facteur crucial n'était pas seulement la qualité des intrants, mais aussi sa capacité à les payer. Le modèle commercial de myAgro répond aux besoins des agriculteurs comme Mossane Faye : son modèle de « layaway » (réservation des intrants avec livraison à l'issue d'un paiement échelonné) élimine le fardeau d'un paiement initial unique et conséquent, qui serait autrement hors de leur portée.

« Ce système de paiement a joué un rôle essentiel pour moi. Il m'a permis de payer les paquets progressivement et sans restriction, ce que je n'aurais pas été en mesure de faire autrement. La qualité de ma récolte est exceptionnelle : les grains de mil ont grossi et le rendement total a augmenté », a déclaré Mme Faye.

Outre l'amélioration de l'accès au financement pour les petites et moyennes entreprises agroalimentaires, le Fonds contribue également à la Nouvelle architecture financière africaine pour le développement, le programme continental du Groupe de la Banque visant à mobiliser des capitaux nationaux à grande échelle pour le développement en renforçant les systèmes financiers et en élargissant l'accès au financement dans l'ensemble du secteur agricole.

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