Afrique: Un chercheur prône l'intégration d'acteurs nouveaux dans le multilatéralisme africain

Dakar — L'enseignant-chercheur sénégalais, Mountaga Al Karim Diagne a souligné la nécessité pour les pays africains de s'entendre sur une forme beaucoup plus représentative du multilatéralisme à travers la formalisation de la participation d'acteurs jusque-là restés à la marge.

"Je pense qu'il faut essayer de trouver une forme beaucoup plus représentative. La difficulté c'est qu'au sein de certaines institutions internationales, comme la CEDEAO, les décisions sont prises souvent en fonction des intérêts souverainistes et en fonction des Etats, même si à l'heure actuelle émergent de plus en plus des acteurs (non étatiques) qui tentent d'influer sur les décisions", a-t-il indiqué.

S'entretenant avec l"APS à la veille de la célébration de la Journée internationale du multilatéralisme, le spécialiste en géopolitique a préconisé l'ouverture des instances de décision à de nouveaux acteurs.

"Il faut donner la possibilité à ces acteurs de participer aux décisions, je pense notamment aux acteurs du secteur privé, aux groupes, aux lobbies, parce que certaines de ces entités ont intérêt à ce qu'il y ait une faillite du système", a expliqué M. Diagne.

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Il est même d'avis que la non intégration de ces acteurs ferait qu'il serait difficile de réinventer un modèle qui risquerait pas de répondre aux attentes une fois confronté à la réalité contemporaine.

"On a des Etats qui vont mettre l'accent sur l'aspect du régionalisme d'abord, mais on se rend compte que si on prend le contexte africain, même avec le régionalisme, on ne parle pas tous la même voix", a-t-il déploré, évoquant la situation dans la sous-région ouest-africaine.

Il dit constater par exemple les problèmes que les Etats de l'Alliance des Etats du Sahel (AES, regroupant le Burkina-Faso, le Mali et le Niger) ont rencontrés en sortant de la CEDEAO, la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest.

Selon lui, ces trois pays ont quitté la CEDEAO, mais il leur est difficile de pouvoir trouver des solutions à leurs problèmes, ce qui en fin de compte donne à voir qu'il est difficile de trouver un modèle ou la recette absolue d'un multilatéralisme efficace.

Il estime que cette réalité elle est mouvante, prenant l'exemple de la cybercriminalité. Beaucoup d'Etats mettent en avant des mesures, des obstacles à l'usage des réseaux sociaux, mais les citoyens parviennent toujours à les contourner.

Pour Mountaga Al Karim Diagne, il est important pour les pays africains, en réfléchissant sur la question du multilatéralisme, de ne pas prendre des décisions exclusivement à l'échelle institutionnelle des États.

Tout compte fait, le fondateur du cabinet MLK Global strategies croit fermement que l'intérêt des pays africains est de dialoguer en essayant de trouver des solutions collectives. "Aucun pays africain ne pourra y arriver seul, bien que les Etats les plus forts militairement et économiquement continuent d'essayer d'influer sur les décisions", a-t-il fait observer.

Mountaga Al Karim Diagne n'a pas manqué ainsi de saluer la régularité dans la tenue du Forum de Dakar sur la paix et la sécurité et dans sa dimension de cadre d'un dialogue pour aboutir à la proposition de solutions collectives.

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