Un important projet de recherche, baptisé « Au-delà de la transmission des maladies zoonotiques : viande de brousse, ontologie et relations homme-animal-nature », a officiellement été lancé ce jeudi 23 avril 2026, à l'occasion d'un atelier tenu en ligne.
Initialement prévu à l'Université Péléforo Gon Coulibaly de Korhogo, l'événement s'est finalement déroulé en visioconférence en raison de contraintes d'agenda, réunissant 25 participants issus du Laboratoire des savoirs, des identités et des dynamiques sociétales (LabSIDS).
Financé par le Conseil suédois de la recherche, ce projet d'envergure internationale est piloté par les anthropologues Dr Johan Wedel et Dr Syna Ouattara, enseignants-chercheurs à l'Université de Gothenburg, en Suède.
En Côte d'Ivoire, il bénéficie de l'appui institutionnel de l'Institut d'ethnographie appliquée (Inetap-Group) et de l'Université Péléforo Gon Coulibaly de Korhogo, avec l'implication active des chercheurs Dr Amalaman Djedou Martin et Dr Coulibaly Ahoua.
Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres
Prévu sur une durée de trois ans (2026-2028), ce programme de recherche s'inscrit dans le champ de l'anthropologie médicale et entend apporter une compréhension approfondie des maladies zoonotiques, dont près de 75 % des infections émergentes dans le monde sont issues.
Face à cette réalité, les pays en développement apparaissent comme des zones particulièrement exposées, d'où l'importance de développer des approches préventives adaptées aux contextes locaux.
Le projet concentre ses investigations dans la zone transfrontalière entre Danané, en Côte d'Ivoire, et N'zérékoré, en Guinée, une région caractérisée par une forte biodiversité et une dépendance notable des populations à la viande de brousse. Les pratiques de chasse, de commercialisation et de consommation y sont analysées à la lumière des dynamiques sociales, économiques et culturelles qui les structurent.
Au-delà des approches biomédicales classiques, l'initiative adopte une perspective holistique et interculturelle. Elle explore les perceptions locales du risque, les rapports entre humains et animaux, ainsi que les interactions avec l'environnement. Le projet interroge notamment les frontières entre nature et culture, en considérant les animaux comme des acteurs sociaux dans certains contextes.
En intégrant des dimensions telles que le genre, la pauvreté ou encore les logiques d'organisation sociale, cette recherche ambitionne de produire des connaissances utiles à l'élaboration de politiques de santé publique plus efficaces et mieux acceptées par les populations. Elle vise également à proposer des stratégies innovantes pour prévenir les futures pandémies.
À terme, le projet « Zoonose » entend contribuer à une redéfinition des enjeux de santé globale, en plaçant les relations entre l'homme, l'animal et la nature au coeur des réflexions sur le bien-être collectif.