Alors que le ministre de l'Intérieur s'apprête à réunir la classe politique, le spécialiste du système électoral Ababacar Fall du GRADEC estime qu'aucune contrainte majeure ne justifie un report des élections territoriales. Dans cet entretien avec Sud quotidien, il invite plutôt les autorités à accélérer la mise en oeuvre des réformes et à rassurer les acteurs sur le respect du calendrier électoral.
Le ministre de l'Intérieur a prévu une rencontre avec la classe politique le 30 avril prochain. Quel est l'intérêt de cette rencontre ?
La rencontre entre le ministre de l'Intérieur et les partis politiques présente un double intérêt. Primo, il s'agit du premier contact officiel entre l'autorité en charge de la tutelle des partis politiques et des élections depuis sa nomination. Secundo, au regard des questions soulevées ces derniers temps autour du processus électoral en perspective des prochaines élections territoriales, il est tout à fait normal qu'il puisse rassurer les acteurs politiques sur la tenue de ces scrutins, ainsi que sur les réformes annoncées par le président de la République lors de son discours de fin d'année. Des réformes très attendues, mais qui tardent encore à être soumises au Parlement pour débat et adoption.
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Ne craignez-vous pas que, lors de cette rencontre, les acteurs politiques reviennent sur les mêmes questions déjà abordées lors des concertations de l'année dernière ?
Je ne le pense pas. L'année dernière, à l'occasion du dialogue national sur le système politique, un certain nombre de consensus ont été obtenus. Il faudra, à mon avis, les mettre en oeuvre sur la base des textes élaborés par la commission ad hoc mise en place par le président de la République, même s'il est vrai que certaines questions continuent de faire l'objet de désaccords. Mais cette rencontre n'est pas le cadre approprié pour rouvrir ces débats. Au nom de la permanence du dialogue politique, d'autres espaces pourraient être envisagés pour poursuivre les discussions sur les points encore en suspens.
Les élections municipales sont prévues au début de l'année prochaine. À votre avis, les conditions actuelles favorisent-elles leur tenue avant la fin du mandat des élus locaux ?
Je pense que rien ne s'oppose à la tenue des élections territoriales dans le strict respect du calendrier électoral. Il faut sortir des logiques de report d'élections. Il suffira que le président de la République prenne le décret fixant la date du scrutin et celui instituant la révision exceptionnelle des listes électorales pour que le processus soit effectivement enclenché. De ce point de vue, il n'y a pas péril en la demeure. Les problèmes liés à la confection des cartes nationales d'identité étant, selon le ministre de l'Intérieur, en voie de résolution, les élections peuvent bel et bien se tenir à la date prévue. Cette rencontre sera d'ailleurs une occasion pour le ministre de rassurer les acteurs politiques sur ce point.