Le concept même du Green Club tient en une idée simple : que les femmes, souvent en première ligne face aux effets du changement climatique, deviennent aussi actrices de la réponse. C'est autour de cette logique que le ministère de l'Égalité des genres et du bien-être de la famille a construit son nouveau projet, lancé le jeudi 23 avril, au Centre d'autonomisation des femmes de Camp-Laboue, à Terre-Rouge.
Le point de départ est un constat que la ministre Arianne Navarre-Marie a posé sans détour : les femmes, particulièrement les plus vulnérables, subissent de façon disproportionnée les effets du dérèglement climatique. Leur santé, leur sécurité alimentaire, leur accès aux ressources sont affectés de manière plus aiguë, en partie à cause de leurs rôles dans la société et parce qu'elles disposent souvent de moins de moyens pour s'adapter. Faire d'elles des protagonistes de la transition environnementale, plutôt que de simples victimes, c'est l'idée centrale du projet.
Concrètement, des Green Clubs seront mis en place dans les huit Centres d'épanouissement des femmes à travers l'île, ainsi que dans 13 centres communautaires. Les participantes y seront formées à des pratiques climatiquement intelligentes : jardinage, compostage, multiplication de plantes, gestion de l'eau. Mais l'ambition va au-delà de la sensibilisation. Le projet entend aussi ouvrir des débouchés économiques en encourageant les femmes à lancer des micro-entreprises autour de la vente de plantes médicinales, de compost ou de produits écologiques. Les centres, déjà espaces d'apprentissage et d'épanouissement, sont appelés à devenir aussi des pôles de création et d'innovation à l'échelle locale.
Les Green Clubs seront enregistrés auprès du Food and Agricultural Research Extension Institute (FAREI) pour bénéficier de son appui technique. L'initiative s'inscrit par ailleurs dans la Politique nationale de genre 2022-2030 et prend appui sur le programme The Greening of Public Service du ministère de l'Environnement, dont le ministère de l'Égalité des genres est partenaire.
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Si le projet cible en priorité les femmes, la ministre Navarre-Marie a tenu à préciser qu'il ne leur est pas réservé. Elle a encouragé les hommes présents à s'y joindre, les décrivant comme des alliés plutôt que des spectateurs dans une démarche qui, selon elle, engage toute la communauté. Le développement durable, a-t-elle insisté, est une responsabilité partagée.
Camp-Laboue fait figure de site pilote. L'objectif est que le modèle soit reproduit dans toutes les régions de Maurice, portant l'ambition d'une culture de responsabilité environnementale ancrée au niveau des quartiers.