Ile Maurice: La pire crise énergétique - Le prix du pétrole brut dynamite ce monde de... brutes

Nous ne mesurons pas encore toutes les répercussions de la hausse des prix des carburants. L'achat pour Maurice est centralisé à la State Trading Corporation, en liaison avec des fournisseurs de pays du Golfe, de Singapour et de l'Inde. Une guerre pour le pognon ? Elle rapporte aux cent plus grandes entreprises de gaz et de pétrole dans le monde des bénéfices historiques de 30 milliards de dollars par heure !

Ce pétrole brut ne fournit pas seulement du carburant. Ce gaz naturel est à la base de ressources minérales comme le soufre, l'hélium, le nickel, le titane, le cuivre... Au-delà des hydrocarbures, la pétrochimie produit plastiques, engrais, fibres synthétiques, caoutchouc, détergents et cosmétiques. Mais comment sont apparus ces millions de tonnes de pétrole brut ? Le monde en consomme 100 millions de barils (1 baril = 159 litres) par jour.

Des millions d'années

Le pétrole brut est un combustible fossile, comme le gaz et le charbon. Il est composé des restes de morts, plantes et animaux comprimés et chauffés sous la terre pendant des millions d'années. La matière qui en découle s'enfonce dans des eaux profondes, ce qui favorise la décomposition des protéines, glucides et autres lipides.

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Ne restent alors que des kérogènes, des hydrocarbures complexes, le matériau originel du pétrole. Transportée, cette matière va se stratifier sous forme de pression avant de commencer à chauffer. Arrivée à une certaine température, elle se transforme en huile qui remonte dans les interstices de la roche sédimentaire où elle est stockée.

Cette huile abonde dans les régions du monde, pressée sous l'eau dans un climat tropical. C'est ce qui explique sa forte présence dans le golfe Persique. Des forces géologiques agissant pendant des millions d'années expliquent la très forte présence de gisements d'hydrocarbures. La première découverte de pétrole est survenue en 1908 en Iran. Les plus grandes réserves se trouvent au Venezuela avec 300,9 milliards de barils suivi par l'Arabie Saoudite avec 266,5 milliards. Vient ensuite le Canada avec 170 milliards et la région Arctique, tellement convoitée depuis la fonte des glaces.

Extraire et raffiner

Les réserves naturelles s'étalent sur plusieurs kilomètres de diamètre et des dizaines de mètres d'épaisseur. Elles se trouvent entre 1 et 12 km sous terre. Pour les extraire, il faut libérer les ondes sismiques à travers la roche. Le meilleur moyen pour y arriver est de forer, ce qui prend de longs mois et coûte des centaines de millions de dollars.

Plus le pétrole brut est proche de la surface, plus il est facile de forer. Il est aussi plus facile de forer sur terre que dans l'eau, comme en Arabie Saoudite ou au Texas. Il faut ensuite raffiner, c'est-à-dire séparer en produits pétroliers utilisables : essence, asphalte, carburant diesel. 40 % de toutes les émissions de gaz à effet de serre proviennent des moyens de transport de ces carburants, responsables de 5% des émissions mondiales au total. Le kérosène lui est destiné aux avions.

Le mot pétrole (du latin petroleum, composé de petra («pierre») et oleum («huile») signifie littéralement huile de pierre. Les plus gros producteurs sont regroupés au sein de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP). Les dix plus gros sont les États-Unis - aussi le plus gros consommateur - qui produisent 22,9 millions de barils par jour ; l'Arabie Saoudite (17 % des réserves mondiales), 10,8 millions ; la Russie, 10,5 millions - achetés surtout par la Chine et l'Inde - ; le Canada, 5,9 millions ; la Chine, deuxième plus gros consommateur, avec 5,3 millions ; l'Iran, 4,6 millions, et deuxième réserve en gaz naturel ; les Émirats arabes unis et l'Irak, 4,5millions; le Brésil, 4,2 millions; et le Koweït, 2,8 millions.

Comment le remplacer ?

Pour le moment, cet or noir qu'est le pétrole brut assure 30% des besoins énergétiques dans le monde. Principalement dans les transports, les industries et l'agriculture.

Maurice consomme 5 000 barils par jour. En raison des tensions mondiales dues à la guerre au Moyen-Orient, le prix de l'essence a augmenté, passant de Rs58,45 le litre à Rs64,25 ; et le diesel, de Rs 64,80 à Rs 71,25. De nouvelles augmentations ne sont pas exclues. Son prix fait le yo-yo sur les bourses, mais l'inflation chez nous a gagné les produits de consommation importés. Or, le prochain Budget sera présenté bientôt alors que la situation internationale est toujours fébrile. Le mot d'ordre : chasser le gaspi !

Dans cette même chronique, nous avions suggéré une diminution raisonnable des salaires des ministres, députés, hauts fonctionnaires, conseillers, sans trop y croire. Et voilà qu'un parlementaire travailliste a officiellement demandé que 20% de son salaire soient déduits de ses mensualités pendant les prochains six mois.

Le miracle existerait donc ? Faut-il remercier Trump qui se prend pour Dieu sur son réseau Truth Social ? Quant à son secrétaire d'état à la Guerre, il a confondu un verset de la Bible avec un dialogue figurant dans le film Pulp Fiction, de Tarantino. En face, ils en rigolent, mais ne badinent pas avec la martyrologie et leur uranium enrichi. Digression pour se détendre aux dépens de ceux qui font cette guerre sur fond de pétrole... brut de décoffrage !

Chez nous, les véhicules consomment 6,5 litres/100 km et pour le diesel (une calamité), 4,6 litres/100 km. Les SUV consomment plus. Inflation importée signifie hausse du coût de la vie. Des solutions existent, mais elles sont onéreuses et ne sont envisageables qu'à moyen et long termes. Comme en Europe, ces véhicules devront-ils être électriques d'ici 2035?

L'électricité devra être remplacée rapidement par l'énergie solaire, à l'instar de La Réunion, en avance dans ce domaine. Pour trouver du fric, prenons l'argent récolté du blanchiment, du trafic de drogues, des ventes de saisies chez des truands, corrupteurs et corrompus quand la justice en aura fini avec eux. Il nous faut des parcs de panneaux solaires ou des panneaux individuels, l'hydrogène (faut pas rêver) pour le transport, des biocarburants issus de la biomasse, domaine où les expérimentations semblent encourageantes.

Il nous faut coûte que... coûte, réduire notre dépendance à ces carburants. Par exemple, décarboner nos industries pour réduire nos émissions en dioxyde de carbone (CO2 ). Le monde rêve d'être décarboné en 2050.

Enn kosmar! Donn diab bwar dilo beni?

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