Sénégal: Pr Aliou Thiongane, coordonnateur du PNLP - « Le paludisme recule, l'élimination en ligne de mire »

Dans le cadre de la Journée mondiale du paludisme, célébrée ce vendredi 25 avril, le Programme National de Lutte contre le Paludisme (PNLP) dévoile des résultats salutaires.

Ces performances se traduisent par une incidence nationale réduite à 12,8% en 2025 contre 22,8% en 2024, et une mortalité divisée par deux. Avec 92,4% des districts sanitaires en phase de pré-élimination, selon la stratification de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le Sénégal se positionne parmi les pays africains les plus proches de l'objectif d'élimination d'ici 2030. Le Pr Aliou Thiongane, Coordonnateur du Programme National de Lutte Contre le Paludisme (PNLP), revient, dans cet entretien, sur les avancées, les défis et la stratégie nationale d'élimination du paludisme au Sénégal.

Les activités liées à la Journée mondiale du paludisme, célébrée ce 25 avril, ont été reportées. Que prévoit le PNLP à la place pour marquer cette journée ?

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Les célébrations physiques ont été différées, mais nous avons choisi de maintenir une forte présence médiatique. À travers les radios, télévisions, presse écrite, presse en ligne ; nous partageons les résultats obtenus et rappelons l'importance de l'engagement collectif. Cette journée est l'occasion de montrer que le Sénégal reste fermement engagé vers l'élimination du paludisme, à l'horizon 2030.

Quels résultats concrets le Sénégal a-t-il enregistrés dans la lutte contre le paludisme pour parler désormais de son élimination ?

Les progrès sont remarquables. En 2025, l'incidence nationale du paludisme est de 12,8 pour 1 000 habitants contre 22,8 pour 1 000 en 2024. Le nombre de décès a été réduit de moitié, passant de 314 en 2024 à 151 en 2025. Entre 2000 et 2025, la morbidité proportionnelle palustre est passée de 35% à seulement 1,4%, et la mortalité proportionnelle est passée de 29% à 0,7%. Aujourd'hui, 73 districts sur 79, soit 92,4%, sont en phase de pré-élimination, selon la stratification OMS. Ces chiffres placent le Sénégal parmi les pays d'Afrique subsaharienne éligibles à l'élimination du paludisme d'ici à 2030.

Malgré ces avancées, quels sont les défis qui persistent ?

Il faut reconnaitre que certains foyers de transmission demeurent préoccupants, notamment à Touba, Diourbel, Kaolack, Kédougou, Tambacounda et Kolda. De plus, des populations spécifiques restent vulnérables notamment les transhumants, les orpailleurs dans les zones minières, ou encore les talibés dans les "daaras". Ces réalités exigent des stratégies adaptées, multisectorielles et inclusives. Enfin, nous devons anticiper les effets du changement climatique et renforcer la coopération transfrontalière pour éviter les réintroductions.

Quels sont les perspectives du programme ?

Notre ambition est de bâtir « Un Sénégal libre du paludisme, souverain et équitable, avec un système de santé résilient et innovant ». Cela passe par l'intensification des interventions à haut impact, le renforcement de la surveillance épidémiologique, la promotion de l'innovation et une redevabilité accrue à tous les niveaux. Nous voulons transformer les acquis en résultats durables, au bénéfice de toutes les populations.

Je voudrais rappeler à l'endroit des populations que le paludisme est une maladie évitable et curable. Les résultats obtenus montrent que nous sommes sur la bonne voie, mais la vigilance reste nécessaire. J'invite chaque citoyen à s'engager : utiliser correctement les moustiquaires, consulter rapidement en cas de symptômes, et soutenir les campagnes nationales. Ensemble, nous pouvons atteindre l'objectif d'un Sénégal sans paludisme.

Que vous inspire le thème de cette édition et quels messages à l'endroit de la population ?

Le thème de cette année, « Motivés pour éliminer le paludisme : maintenant nous pouvons. Maintenant nous devons », traduit bien notre état d'esprit. Nous avons validé le Plan Stratégique National pour l'Élimination du Paludisme 2026-2030 (PSNEP), qui vise un accès universel et équitable aux interventions de prévention et de traitement. À travers les médias, nous voulons rappeler les gestes simples - dormir sous moustiquaire, consulter rapidement en cas de fièvre - et mettre en avant les innovations et les succès déjà obtenus. La communication est un levier essentiel pour maintenir la mobilisation nationale et nous comptons sur la presse dont je salue au passage leur contribution dans ce combat.

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