Ile Maurice: Ritish Ramful - « Le pays n'est pas un allié de la Chine en matière de défense et de sécurité»

interview

Que répondez-vous à Lalit qui, dans une tribune publiée dans les colonnes de «l'express» durant la semaine, affirme que «Ramgoolam bizin rapel minis Ramful a-lord» concernant vos commentaires sur les relations avec la Chine ?

Tout le monde sait que Maurice entretient de bonnes relations avec la Chine, à l'exception de Lalit. Il s'agit d'une relation strictement culturelle et commerciale. Nous ne sommes pas alliés à la Chine en matière de défense et de sécurité, car nous n'avons signé aucun accord avec elle dans ces domaines. En revanche, nous avons des accords de défense maritime et de sécurité avec plusieurs pays, notamment les États-Unis, ainsi que des pays africains et européens. Il est donc clair que Maurice n'est pas un allié de la Chine en ce qui concerne la défense et la sécurité.

Comment le gouvernement justifie-t-il sa décision concernant l'autorisation de survol de l'avion du président taïwanais Lai Ching-te, face aux accusations d'influence étrangère ?

Maurice suit depuis 1972 une politique constante, la One-China policy, que nous reconnaissons et appliquons. Certaines décisions relèvent de la souveraineté de l'État et ces principes ne peuvent être modifiés au gré des circonstances.

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C'est dans ce contexte que Maurice, tout comme les Seychelles et Madagascar, a pris certaines décisions. Les Européens entretiennent des relations avec la Chine sans contrainte, tout comme les Américains. Le président américain, Donald Trump, prévoit d'ailleurs une visite en Chine en mai pour discuter de commerce. Nous ne nous laissons pas influencer par les politiques des autres pays. Maurice est un État souverain.

Comment s'est passée votre rencontre avec le secrétaire d'État adjoint américain, Christopher Landau, lors de votre visite ?

Ce fut une très bonne visite. J'ai été très bien accueilli par Christopher Landau. Il est responsable des dossiers concernant les pays africains. C'est la première fois que Maurice engage des discussions avec les États-Unis sur le dossier des Chagos. Nous savons que ce dossier est actuellement bloqué, notamment en raison de certaines préoccupations américaines concernant la sécurité de la base militaire de Diego Garcia.

Lors de ma visite, j'ai tenté de les convaincre que cet accord est dans l'intérêt de Maurice, des États-Unis et du Royaume-Uni. Les Américains ont accueilli favorablement nos arguments et ont été rassurés concernant leurs inquiétudes, notamment celles liées à la Chine. J'ai essayé de les convaincre que la base à Diego Garcia restera sécurisée sur le long terme après un accord entre Maurice et le Royaume-Uni.

J'ai également rencontré des représentants du Congrès américain, en particulier des Républicains, très critiques du dossier des Chagos et favorables au maintien du statu quo. Je leur ai expliqué que ce statu quo crée de l'incertitude autour de la base militaire, alors qu'un accord encadré apporterait plus de stabilité.

Avez-vous évoqué la décision des États-Unis d'inclure Maurice dans la liste des pays, dont les ressortissants doivent verser une caution comprise entre 5 000 et 15 000 USD avant d'obtenir un visa de type B1 ou B2 ?

Oui. Ma rencontre avec Christopher Landau a porté sur trois sujets principaux : les Chagos, le commerce - notamment le renouvellement de l'AGOA et un éventuel accord bilatéral - et la question des visas touristiques. Les autorités américaines m'ont expliqué que cette décision ne cible pas spécifiquement Maurice. Il s'agit d'une mesure de politique générale visant à lutter contre l'immigration illégale. J'ai toutefois souligné que l'inclusion de Maurice dans cette liste n'était pas justifiée, compte tenu de nos données : seuls deux cas de dépassement de séjour ont été recensés, et il s'agissait d'étudiants.

Les Américains ont reconnu que cette décision mérite d'être réexaminée et ils ont indiqué qu'ils allaient revoir la situation. L'ambassadrice de Maurice aux États-Unis, Gajjaluxmi Mootoosamy, assurera le suivi des différents dossiers abordés.

Je tiens également à préciser que j'ai eu une réunion avec le Foreign Relations Service du Congrès américain, qui regroupe des représentants démocrates et républicains. Nous avons discuté des Chagos et de l'AGOA. J'ai plaidé le cas de Maurice et il m'a été indiqué que des démarches sont en cours pour convaincre les membres du Congrès d'assouplir certaines conditions afin que Maurice demeure éligible à l'AGOA. Des discussions portent également sur un renouvellement de l'accord pour une durée plus longue que celle d'un an, possiblement à partir de septembre.

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