Le coût de la vie continue de préoccuper de nombreux Mauriciens. Entre la hausse des produits alimentaires, du transport et des services, plusieurs ménages doivent revoir leur budget. Parmi les sujets qui reviennent souvent : l'augmentation du prix de l'essence et du diesel. Mais une question se pose : pourquoi un conflit qui se déroule en Iran peut-il avoir des conséquences directes à Maurice ?
Dans l'émission Eski to ti kone, le ministre du Commerce, Michaël Sik Yuen (en médaillon), apporte des explications sur cette situation économique qui touche plusieurs pays. Selon lui, le conflit au MoyenOrient crée une grande incertitude sur le marché mondial de l'énergie. Cette région occupe une place stratégique dans la production et le transport du pétrole. Plusieurs pays y disposent de raffineries importantes produisant de l'essence, du diesel, du gaz et du carburant pour avions.
Lorsqu'une guerre éclate ou que les tensions s'intensifient, les investisseurs craignent une baisse de la production ou des perturbations dans l'acheminement du pétrole. Résultat : les prix augmentent sur les marchés internationaux.
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Maurice, qui dépend entièrement de l'importation pour ses besoins en carburant, ressent automatiquement cette hausse. Lorsque le pétrole coûte plus cher à l'achat, cela influence le prix payé localement. Michaël Sik Yuen souligne également que l'augmentation du carburant entraîne un effet domino sur l'économie. Le transport des marchandises devient plus coûteux, tout comme les livraisons et certaines activités industrielles.
Cela peut se refléter sur le prix de plusieurs produits du quotidien. «Tous les produits coûtent plus cher», explique le ministre, en rappelant que l'essence et le diesel jouent un rôle essentiel dans le fonctionnement de l'économie moderne.
Toutefois, il affirme que Maurice continue de proposer des prix relativement plus bas que dans plusieurs autres pays de la région et d'ailleurs. Quelques comparaisons avancées :
Pour le litre d'essence :
· À La Réunion, environ Rs 106,74.
· À Maurice, Rs 64,25.
· En Afrique du Sud, environ Rs 65,52.
· En France, plus de Rs 110.
Pour le litre de diesel :
· À La Réunion : Rs 96,43.
· À Maurice : Rs 71,25.
· Aux Comores : Rs 74,21.
· En France : Rs 121,55.
Selon Michaël Sik Yuen, cette différence s'explique notamment par l'intervention de la State Trading Corporation (STC), qui absorbe une partie des coûts afin de limiter l'impact sur les consommateurs mauriciens. Il indique que sur certaines ventes, la STC enregistre des pertes. L'objectif est d'éviter une hausse trop rapide qui pourrait affecter davantage le pouvoir d'achat des familles et augmenter encore les prix des autres produits. Cette stratégie vise donc à amortir le choc économique, même si elle représente un effort financier important.
Michaël Sik Yuen rappelle aussi que dans certains pays confrontés à des crises énergétiques, les habitants doivent parfois faire la queue pendant des heures pour obtenir quelques litres d'essence ou de diesel ou une bonbonne de gaz. À Maurice, malgré la pression internationale, l'approvisionnement reste assuré et les prix demeurent plus contrôlés que dans plusieurs autres régions du monde.
Néanmoins, la prudence reste de mise. Tant que les tensions persistent au Moyen-Orient et que certaines routes commerciales ou infrastructures pétrolières sont menacées, les fluctuations du marché mondial pourraient se poursuivre. Pour les consommateurs mauriciens, cela signifie qu'il faudra continuer à gérer les dépenses avec précaution, tout en espérant un retour à la stabilité internationale.