Autant Ramgoolam a eu raison de présider la toute première réunion de la National Drug Control Commission, autant persiste l'impression qu'il découvre tardivement l'évidence - qu'il s'agit là d'une urgence nationale après avoir perdu un temps précieux avec une NADC dont l'ancienne direction se montrait réfractaire aux approches plus progressistes.
Cette hésitation à trancher, cette lenteur à enclencher des mesures urgentes d'intérêt public et cette gestion décevante de dossiers prioritaires illustrent le style d'un gouvernement qui se forge une réputation de «bouz fix», car incapable de faire sien l'adage pourtant basique : gouverner, c'est prévoir.
Le lancement du CEB Solar Photovoltaic Scheme, censé venir en aide aux citoyens en leur permettant de s'équiper en panneaux solaires, en est une autre illustration de la part d'une alliance découvrant enfin que les Mauriciens peuvent produire leur propre énergie. Encore qu'on se demande où se situe réellement le soutien lorsque les particuliers doivent s'acquitter du coût des équipements, batteries comprises.
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Alors même que l'ancien numéro deux, Bérenger, avait fait de la crise énergétique son cheval de bataille, alertant depuis bien longtemps sur les risques de black-out, le gouvernement aura attendu plus d'un an et demi après son installation - et plus d'un mois de crise - pour avancer une mesure timide, isolée, sans vision d'ensemble. Rien pour aider concrètement une population déjà fragilisée par une flambée généralisée des prix : gaz, carburants, électricité, denrées alimentaires, pain... Autant de hausses devenues difficilement soutenables sans véritables mesures d'accompagnement.
Pourtant, les idées existent, y compris au sein même de la majorité. Le député Lobine (Nouveaux Démocrates) proposait ainsi, début avril, une réduction temporaire et ciblée des taxes sur les carburants afin de protéger le pouvoir d'achat, citant plusieurs pays ayant eu recours à ces mécanismes de plafonnement pour contenir l'inflation. Au-delà de ces suggestions dont il se fait l'écho, la démarche de Lobine laisse également entrevoir une absence de communication entre partenaire du gouvernement, si ce n'est un sentiment de mépris à l'encontre des maillons minoritaires de l'Alliance du Changement.
Ce malaise a un impact particulier dans le sillage de la démission de Bérenger, qui dénonçait déjà l'absence de décisions du Premier ministre sur plusieurs dossiers clés.
On aura aussi assisté, juste après la démission de l'ancien DPM, à une prise de position de Rezistans ek Altenativ, réclamant une nouvelle réorientation politique (sociale, écologique, solidaire), n'hésitant pas à dénoncer «bann profiter ki gravit touletan otour leta», tout en mettant en garde contre le trafic d'influence de certains lobbys. Subron faisait aussi appel au respect de l'accord gouvernemental à travers la concrétisation de plusieurs promesses qui tardent toujours à voir le jour.
Le leader de Rezistans ek Alternativ a tenté de donner, ce jeudi (sur Radio Plus), un autre coup sur l'accélérateur de la machine gouvernementale, évoquant une lourdeur dans la prise des décisions. Subron a aussi donné une idée de la façon dont l'équipe majoritaire fonctionne, faisant mention de lacunes dans le processus décisionnel concernant la réforme des pensions, confiant qu'il n'y avait pas de consultation au préalable avant la prise de décision finale.
Et de rappeler sa dernière rencontre avec le Premier ministre où son parti a fait une liste de proposition, en réclamant une nouvelle réorganisation. Cette fois, le leader de ReA n'y va pas par quatre chemins. «Nous nous réservons le droit de quitter le gouvernement si les engagements pris ne sont pas respectés.»
La coïncidence veut que le compte rendu des délibérations du Conseil des ministres de ce vendredi fait état du premier jet de la réforme constitutionnelle et électorale incluant ainsi la non obligation de la déclaration ethnique pour les candidats lors des élections générales. Cette décision, qui ressemble à un rattrapage politique, suffira-t-elle à calmer la nervosité des partenaires du PTr et de la société civile ? Ou ne fait-elle que confirmer la réputation d'un pouvoir qui agit moins par anticipation que sous l'effet des critiques ?