Le pire reste peut-être à venir. Malgré la désapprobation du FMI, l'État a décidé, en conseil des ministres, de prolonger l'état d'urgence énergétique. Prévu pour durer quinze jours, on ignore cette fois jusqu'où ira-t-il. L'état d'urgence énergétique a été décidé pour faire face à un début de pénurie du sans-plomb 95, à la suite d'un retard de l'arrivée des navires.
Il va sans dire que la guerre au Moyen-Orient y est pour quelque chose, même si les autorités rassurent que les importations de Madagascar ne passent pas par le détroit d'Ormuz, enjeu économique et stratégique de la guerre et objet d'un bras de fer entre les États-Unis et l'Iran.
Un accord sur l'ouverture du détroit allait être signé la semaine passée, mais l'Iran s'est rétracté sans une levée du blocus mis en place par les États-Unis sur un autre passage des navires. D'où l'espoir d'un retour à la normale de la navigation qui s'est estompé. Une situation qui fait craindre le pire dans le monde. Le prix de l'essence à la pompe a doublé en Europe. Et plus la fermeture du détroit d'Ormuz dure, plus l'éventualité d'un choc pétrolier se précise.
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L'État sent que la situation va empirer et a pris le risque de prolonger l'état d'urgence énergétique pour pouvoir maintenir le prix à la pompe et ménager le mince pouvoir d'achat de la population. Mais cette mesure n'est pas sans causer des conséquences dans l'équilibre macroéconomique et dans le redressement de la situation financière de l'État. On ignore pour le moment comment vont réagir les bailleurs de fonds face à cette décision du gouvernement.
L'application de la vérité des prix concernant les carburants figure parmi les conditions imposées par le FMI pour pouvoir bénéficier de la Facilité élargie de crédit, entre autres. Ce fonds sert en principe à compléter le budget de l'État.
Pour le moment, les usagers se frottent les mains avec les prix à la pompe qui ont baissé au début du mois, alors que l'on s'attendait au contraire. D'ailleurs, des tankers sont annoncés pour le mois de mai, mais avec l'aggravation de la situation, il y a de moins en moins de certitudes.
Est-ce qu'on a suffisamment de stock pour tenir jusqu'à la fin de la guerre ? La récente pénurie a montré qu'il suffit d'un retard d'approvisionnement pour que tout chamboule. La nécessité d'augmenter la capacité des dépôts de carburant a été constatée depuis plusieurs années avec l'augmentation des consommateurs. La contenance des dépôts de Soanierana et d'Ankorondrano s'est réduite et leur emplacement est devenu dangereux avec les habitations tout autour.
Un projet de construction de nouveaux dépôts a été lancé en 2017 à Ambohimiadana Ambohijanaka. Les travaux de terrassement ont déjà commencé, mais ils ont été abandonnés, on ignore pour quelles raisons. Avec le nombre toujours croissant des véhicules en circulation, il faut peut-être multiplier le stock par quatre pour tenir un « mandat de guerre». Aujourd'hui, c'est devenu une urgence urgente.