Tunisie: Fraudes et voitures non assurées - Les dérives du marché parallèle

27 Avril 2026

Le secteur de la location de voitures en Tunisie connaît une expansion rapide, mais fait face à des défis croissants liés à la rentabilité et à la concurrence déloyale, a alerté Zakaria Naât, représentant de la Chambre nationale syndicale des loueurs de voitures, lundi 27 avril 2026.

Selon ses déclarations, le nombre d'entreprises opérant dans ce secteur a fortement augmenté ces dernières années, avec l'enregistrement de centaines de nouvelles sociétés, portant leur total à plus de 600 agences. Le parc automobile dédié à la location atteint désormais environ 33 000 véhicules en situation régulière.

Cependant, cette croissance de l'offre n'a pas été suivie par une hausse équivalente de la demande. Celle-ci demeure essentiellement saisonnière, concentrée sur une période ne dépassant pas une vingtaine de jours durant la haute saison estivale. Cette situation engendre un déséquilibre du marché, caractérisé par un excédent d'offre qui exerce une pression à la baisse sur les prix et affecte directement la rentabilité des entreprises.

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Dans le même temps, les coûts d'investissement ont connu une hausse significative, notamment en raison de l'augmentation des prix des véhicules, des assurances et des charges fiscales. En l'absence d'une revalorisation des tarifs de location, certaines entreprises se voient contraintes de proposer des prix inférieurs à leurs coûts réels, mettant en péril leur viabilité. Le responsable souligne par ailleurs la difficulté d'instaurer une tarification uniforme, compte tenu de la diversité des catégories de véhicules et des écarts de coûts d'exploitation.

Autre défi majeur : l'essor du marché parallèle, qui constitue, selon Zakaria Naât, une menace sérieuse pour le secteur organisé. Le nombre de véhicules opérant en dehors du cadre légal est estimé entre 50 000 et 60 000 unités, soit davantage que le parc officiel. Cette situation ne nuit pas seulement aux entreprises structurées, mais expose également les clients à des risques, notamment en cas de fraude ou de location de véhicules non assurés.

Face à ces dérives, le représentant de la Chambre nationale appelle à une vigilance accrue, en particulier de la part des Tunisiens résidant à l'étranger. Il recommande de privilégier les agences légalement constituées, de vérifier les documents du véhicule, notamment la carte d'exploitation, d'effectuer les paiements sur des comptes bancaires au nom des sociétés et de lire attentivement les contrats avant signature.

Dans ce contexte, la digitalisation apparaît comme une piste de solution majeure. Des projets sont actuellement à l'étude, en collaboration avec les autorités, notamment le ministère des Finances, en vue de mettre en place une plateforme numérique intégrée permettant la réservation, le choix des assurances et le paiement en ligne. Une telle initiative vise à renforcer la transparence et à limiter les pratiques frauduleuses.

Par ailleurs, la Chambre nationale des loueurs de voitures travaille à l'élaboration d'un contrat-type unifié, destiné à simplifier les procédures et à harmoniser les conditions entre les opérateurs du secteur.

Sur un autre plan, Zakaria Naât rappelle que la location de voitures est une activité exigeante, nécessitant une gestion rigoureuse et une expertise avérée, en raison du niveau élevé des investissements et des risques associés. Il souligne que de nombreuses entreprises récemment créées peinent à se maintenir sur le marché, faute d'expérience et d'une évaluation adéquate des contraintes du secteur.

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