Ile Maurice: La communauté des pêcheurs plaide pour réduire la dépendance aux importations

Le conflit au Moyen-Orient entraîne des effets en chaîne sur plusieurs secteurs économiques, notamment celui de l'importation de produits alimentaires. Le poisson importé - entre 131 000 et 143 000 tonnes sur les trois dernières années financières - n'échappe pas à ces perturbations. Entre la hausse des coûts de transport, les tensions sur les routes maritimes et l'allongement des délais de livraison, les importations subissent une forte pression, avec des répercussions possibles sur les prix et la disponibilité sur le marché local.

Face à cette situation, Judex Rampaul, secrétaire du syndicat des pêcheurs, plaide en faveur d'un renforcement du secteur local afin de réduire, voire de remplacer, les importations de produits de mer. Il déplore que les leçons de la période du Covid-19 n'aient pas été retenues. Selon lui, le poisson et autres produits de mer se vendent aujourd'hui à des prix élevés sur le marché local, inabordables pour une partie de la population. «Nous sommes entourés par la mer et disposons d'une vaste zone économique exclusive, pourtant la population continue de payer le poisson cher. Le secteur de la pêche a été trop longtemps délaissé», fait-il ressortir, estimant qu'il existe un fort potentiel pour le développement du secteur de la pêche.

Léger recul pour la production locale

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Cette situation intervient alors que la production halieutique locale affiche un léger recul. Selon les données de Statistics Mauritius, la production totale de poisson a diminué de 1,3 %, passant de 38 445 tonnes en 2024 à 37 928 tonnes en 2025. Cette baisse s'explique principalement par une diminution de 2,4 % de la production de la pêche hauturière et d'autres captures - thon, bancs de poissons, entre autres - qui est passée de 36 944 tonnes à 36 055 tonnes. Cette baisse a toutefois été partiellement compensée par une hausse de 24,8 % de la pêche côtière fraîche, qui est passée de 1 501 tonnes à 1 873 tonnes.

Selon le dernier rapport de l'audit, sur les trois dernières années financières, soit 2022-2023 à 2024-2025, les captures totales se situent entre environ 31 600 et 38 100 tonnes, contre des importations comprises Pour leur part, le syndicat et la fédération des pêcheurs, explique Judex Rampaul, engagent une restructuration interne afin de mieux défendre les intérêts du secteur. Ils plaident pour une décentralisation de l'organisation de la pêche et affirment vouloir contribuer davantage au développement et au soutien de l'activité locale. La communauté des pêcheurs travaille sur des propositions qu'ils comptent soumettre aux autorités.

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