Les attaques simultanées menées par une coalition de troupes composée du JNIM ou GSIM (groupe de soutien de l'Islam et des musulmans) et du Front de libération de l'Azawad (FLA) ce 25 Avril 2026, et touchant les sites stratégiques de l'Etat malien, du Nord vers le centre, notamment Bamako, n'ont pas finis d'interroger les nombreux observateurs, tant le modus opérandi, et les cibles visées, et les bilans produits semblaient hors de portée dans un temps aussi court.
Et pourtant, le régime du Président Assimi Goita, nous avait montré des images dont on peut dire qu'elles étaient, pour dire vrai, assez rassurantes, avec les nouvelles acquisitions d'armes, les équipements militaires, mais surtout la reprise du fief symbolique de Kidal et l'arrivée des forces de soutien de la Russie, venus remplacer les anciennes troupes de Wagner à l'époque de Evguéni Prigojine. Les attaques combinées contre les FAMA adressent un message sans équivoque à travers l'itinéraire suivi ; partis du Nord jusqu'au porte de Bamako, menaçant même de prendre l'aéroport de Bamako Sénou, après avoir pris des villes principales comme Kidal, Kati, Sévaré, Bamako, Gao, Konan et Mopti.
Comment ont-ils pu traverser toutes ces localités pour arriver à la ville garnison du régime, Kati, sans être inquiétés ? Cette question essentielle n'a pas trouvé à ce jour des réponses de fonds, en dehors des accusations d'ingérence étrangère, mais ça on le dit depuis longtemps, et de la défaillance du système de renseignement.
Il faut peut-être ajouter que les moyens logistiques et de communication de plus en plus sophistiqués que détiennent les Djihadistes, leur donne une longueur d'avance, dans cette guerre asymétrique que les troupes du JNIM et du FLA mènent face à des FAMA qui, le moins qu'on puisse dire sont à un niveau de sous équipement qu'on ne peut qualifier. Même la présence des troupes russes, qui se sont faites humiliées à Kidal, parce que déguerpies sans armes ni bagages, n'a pas empêché l'hécatombe. C'est bien de cela dont il s'agit au niveau de la hiérarchie militaire.
Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres
Le paradoxe, il est vrai, est que les djihadistes ne sont pas à leur 1er coup d'essai, car l'on se rappelle l'époque où les mêmes djihadistes sont venus jusqu'au Radisson Blu Hotel de Bamako, en pleine capitale, pour perpétrer un attentat meurtrier sur des civils. Cette fois , c'est sur l'establishment militaire que ça s'est abattu, et tenez-vous bien dans une ville garnison entre autres, confirmant ainsi ce que beaucoup pensaient sur la vulnérabilité de l'armée malienne.
Aujourd'hui la question qui fâche est de savoir où sont les troupes de l'AES estimées à près de 6000 hommes supposés être déployés en cas de nécessité ? Est- ce d'ailleurs nécessairement une affaire d'homme dans cette guerre asymétrique ou l'essentiel se réalise via internet et les satellites, du moins en ce qui concerne le renseignement et la propagande.
La nouvelle escalade dans la guerre au sahel vient encore une fois de le prouver dans le cas des 7 attaques, menées ce 25 avril. L'immensité du territoire malien, frontalier avec 7 pays de la sous-région montre si besoin était, l'extrême importance de l'enjeu qui se dresse sous nos yeux, et qui se nomme : la sécurité collective.
Elle ne doit pas être un slogan. En vérité depuis la chute du régime de Mouammar El Kadhafi le 20 Octobre 2011, la partie Nord du Mali et par ricochet celle du Niger, membres éminent de l'AES, sont en proie à des attaques Djihadistes, qui au départ étaient circonscrites (Kidal), mais qui débordent aujourd'hui jusqu'à atteindre leurs capitales respectives. L'hydre a d'ailleurs commencé à s'étendre vers le golfe de Guinée.
Qui sait demain, Ouagadougou pourrait bien être la prochaine étape, si on regarde bien le maillage des incursions depuis un certain temps. Le Mali affaibli, il ne faut pas s'attendre à ce que le sud du Sahara soit épargné compte tenu de ce qui précède, car il est l'épicentre du projet Djihadiste, qui aujourd'hui a fait jonction avec le mouvement indépendantiste de l'AZAWAD, et doit faire face à une opposition politique interne de plus en plus persécutée et qui cherche à hâter la fin transition.
L'urgence n'est –il pas à une réponse sécuritaire collective, qui sans doute mettra sous le boisseau les différends certes très aigus, entre la CEDEAO, l'UA et les Pays de l'AES, pour juguler la menace ? Il faut le penser avant que le Mali tombe. Ça urge !