Mali: Bamako sous tension et Kidal aux mains des rebelles, la junte face à une onde de choc sans précédent

28 Avril 2026

Le Mali traverse l'une des séquences les plus critiques de sa transition militaire. Entre les détonations nocturnes qui font trembler la capitale et la perte stratégique de Kidal au Nord, les autorités de Bamako semblent vaciller sous la pression conjuguée des groupes jihadistes et des mouvements rebelles.

Le sommeil des Bamakois a été brutalement interrompu dans la nuit du lundi 27 au mardi 28 avril 2026. De fortes détonations ont retenti à proximité de la zone aéroportuaire de Sénou, un secteur déjà meurtri par les attaques coordonnées de samedi dernier.

Selon les informations relayées par RFI, si ces tirs n'auraient pas causé de nouveaux dégâts majeurs, ils entretiennent un climat de psychose généralisée. Le bilan des assauts de la fin de semaine dernière s'est d'ailleurs alourdi, atteignant désormais au moins 23 morts, militaires et civils confondus.

L'interrogation qui brûle toutes les lèvres concerne le général Assimi Goïta. Depuis les attaques, le chef de la transition n'est plus apparu publiquement, alimentant les rumeurs les plus folles sur son éventuelle exfiltration vers le camp des forces spéciales de Kati.

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Sa présence aux obsèques du ministre de la Défense, le général Sadio Camara, tué lors des combats et dont l'inhumation est prévue jeudi, sera un indicateur crucial de sa capacité à tenir encore les rênes du pays. L'exécutif est d'autant plus affaibli que le numéro trois du régime, le général Modibo Koné, patron de la Sécurité d'État, se trouve dans un état de santé jugé préoccupant après avoir été grièvement blessé par balles.

À Kidal, le basculement est total. La ville, jadis symbole de la reconquête de la souveraineté nationale, est désormais sous le contrôle effectif du Front de libération de l'Azawad (FLA) et du Jnim.

Les rebelles ont entamé des manœuvres de séduction auprès des populations locales pour "rassurer" les civils, tandis que les mercenaires russes d'Africa Corps ont déserté leurs positions. Ce retrait, couplé à des replis tactiques de l'armée régulière dans la région de Gao, dessine une carte du pays où l'autorité centrale s'étiole à vue d'œil.

Le rôle du partenaire russe est aujourd'hui au cœur des polémiques. Si le Kremlin appelle à un retour rapide à la stabilité, des voix s'élèvent en privé au sein du pouvoir malien pour accuser les "amis russes" de trahison.

Malgré les pertes subies par Africa Corps, le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Gueorgui Borissenko, soutient que leur intervention a permis d'avorter un coup d'État en cours. Cette communication offensive peine pourtant à masquer l'inquiétude de la diplomatie internationale. De Paris à Alger, les appels à la préservation de l'intégrité territoriale du Mali se multiplient, alors que le pays semble plus que jamais au bord de la rupture.

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