Ile Maurice: Un réseau de ressortissants chinois démantelé après des dénonciations

Une opération conjointe de la Criminal Investigation Division (CID) et de la Divisional Crime Intelligence Unit (DCIU) a conduit, le lundi 27 avril, à l'arrestation de quatre ressortissants chinois soupçonnés d'être à l'origine d'une série d'escroqueries à la fausse voyance. Il s'agit de Ke Kuangxian, Xie Yuqiong, Yang Mei et Nong Weiling, tous de nationalité chinoise.

Ils ciblaient leurs victimes en leur annonçant de prétendus malheurs imminents afin de les convaincre de remettre bijoux et argent pour des «rituels» censés conjurer le sort. Bien qu'ils soient inconnus des services de police jusqu'ici, ils ont été placés en détention. Ils ont comparu en cour de Port-Louis aujourd'hui sous une accusation provisoire d'escroquerie, en attendant la suite des procédures judiciaires.

Une intervention coordonnée des enquêteurs de la CID et de la DCIU, placée sous la supervision du Deputy Superintendent of Police Dawonauth, a permis de faire avancer significativement une enquête ouverte après plusieurs plaintes pour escroquerie. Trois femmes et un homme ont été interpellés puis conduits pour interrogatoire. Les quatre suspects ont reconnu leur implication dans les faits reprochés.

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L'affaire remonte notamment à une plainte enregistrée le 21 avril au poste de police de Trou-Fanfaron. Une employée résidant à Rose-Hill a expliqué avoir été approchée, le 19 avril vers 9 heures, alors qu'elle se trouvait à Port-Louis, par une femme qui s'est adressée à elle en mandarin. Profitant de cette proximité linguistique, la suspecte aurait engagé la conversation avant de se présenter comme une voyante et de prédire un malheur imminent.

Avec l'espoir de pouvoir conjurer ce danger, la victime a été convaincue de remettre ses bijoux et de l'argent pour un prétendu rituel. Elle a ainsi été délestée de plusieurs objets de valeur, dont des chaînes en or et une bague sertie de diamants, ainsi que de l'argent en espèces en roupies et en devises étrangères. Elle a ensuite été abandonnée après qu'un sac contenant des objets sans valeur lui a été remis.

Un second cas, survenu le 22 avril au Victoria Urban Terminal, présente des similitudes frappantes. Une retraitée de 75 ans, approchée par trois femmes, a été persuadée qu'un accident grave la menaçait. Sous l'effet de la peur, elle a remis bijoux et argent, incluant Rs 130 000 retirées à la banque. Le préjudice est estimé à environ Rs 480 000.

Les enquêteurs ont également établi des similitudes avec une affaire survenue en 2024, où une septuagénaire avait été piégée selon un scénario presque identique. Dans ce cas, la victime avait été approchée par plusieurs femmes se présentant comme capables de chasser les «mauvais esprits». Après avoir instauré un climat de peur, elles l'avaient convaincue de remettre l'ensemble de ses bijoux et une importante somme d'argent pour un rituel. La victime avait ensuite récupéré un sac censé contenir ses effets, avant de découvrir qu'il ne renfermait que des cailloux et du papier.

Selon les enquêteurs, ces éléments démontrent que les suspects utilisaient un modus operandi bien rodé : approche en public, mise en confiance linguistique ou émotionnelle, annonce d'un danger imminent, puis manipulation psychologique poussant la victime à remettre volontairement ses biens.

Face à la répétition de ces cas et à la similitude des méthodes utilisées, les enquêteurs ont intensifié leurs recherches, ce qui a mené à l'opération du 27 avril. D'autres unités, notamment de la CID Metro South et de la DCIU, ont également été mobilisées. Les enquêteurs soupçonnent l'existence d'un réseau structuré ciblant des personnes vulnérables, souvent en les plaçant dans un état de panique ou de confusion. Elles n'écartent pas la possibilité que d'autres victimes n'aient pas encore porté plainte.

L'enquête se poursuit afin de déterminer l'ampleur exacte de ces activités frauduleuses et d'identifier d'éventuels complices supplémentaires ainsi que d'autres victimes.

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