Le mot d'ordre qu'il lançait résonne aujourd'hui avec une force particulière. Leve do mo pep n'était pas qu'un titre pour Ras Natty Baby, mais une philosophie. Depuis son décès survenu le dimanche 26 avril en Inde, à l'âge de 72 ans, cette chanson emblématique s'impose comme le fil conducteur des hommages qui affluent à Maurice et ailleurs.
Né Joseph Nicolas Emilien à Rodrigues, figure majeure du seggae, il s'était envolé le 8 avril pour la Grande péninsule afin d'y recevoir des soins spécialisés. Après une intervention cardiaque jugée techniquement réussie, son état s'est toutefois dégradé en phase post-opératoire, entraînant son décès dimanche.Très vite, la nouvelle a bouleversé le pays. Dans la foulée, le Premier ministre,Navin Ramgoolam,a réagi sur sa page Facebook, saluant «une voix,une conscience, un symbole de paix, de résilience et d'unité».
Il a également évoqué leur dernier échange, le 8 avril, soulignant la sérénité de l'artiste malgré la souffrance. Rappelons que le Premier ministre était intervenu notamment pour que le chanteur puisse recevoir des soins à l'hôpital Dr A. G. Jeetoo à Port-Louis où il était admis.
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Le ministre des Arts et de la culture, Mahen Gondeea, a lui aussi rendu hommage à «un homme de conviction», profondément engagé pour la reconnaissance des artistes mauriciens. Dans un message empreint d'émotion, il a rappelé le combat courageux du chanteur contre la maladie et assuré sa famille du soutien de l'État.
Il est ici en compagnie de son frère Benoit Emilien.
Hier, l'heure était aux démarches pour le rapatriement de la dépouille. Contactée, l'OMCA Foundation, qui avait facilité le déplacement de l'artiste en Inde, a indiqué que les procédures étaient enclenchées, mais qu'un montant de Rs 200 000 était nécessaire. L'annonce a immédiatement suscité un élan de solidarité sur les réseaux sociaux. Dans la journée, des consultations ont eu lieu, notamment au Bureau du Premier ministre. La décision est finalement tombée : l'État prendra en charge le rapatriement. La junior minister aux Arts et à la culture,Véronique Leu-Govind, a confirmé que les démarches étaient en cours avec les autorités concernées.
Peu après, le ministre de la Santé, Anil Bachoo, a tenu un point de presse. Il a annoncé que les procédures seraient enclenchées dès ce mardi, précisant qu'un seul vol hebdomadaire relie Delhi à Maurice, généralement le jeudi, ce qui pourrait influencer les délais. Cette annonce a déclenché un ouf de soulagement pour beaucoup, qui veulent rendre un dernier hommage à la légende du seggae mauricien.
Ras Natty Baby et Serge Lebrasse à la «Sega Award Night», le 28 septembre 2012.
L'hommage s'étendra aussi à Rodrigues, l'île natale de Ras Natty Baby. Hier, un hommage officiel s'est tenu à Port-Mathurin. Organisé par l'Assemblée régionale de Rodrigues, le mémorial a eu lieu devant la Résidence en présence de membres du gouvernement régional, d'artistes et de nombreux habitants. Au cours de la journée, plusieurs témoignages ont été rendus pour saluer la mémoire de celui qui a marqué la musique seggae.
Un registre de condoléances a également été mis à la disposition du public, permettant à chacun d'exprimer son émotion et son respect. Parallèlement, un autre moment de recueillement s'est déroulé dans son village natal de Baie-Topaze, où proches et admirateurs se sont réunis pour lui rendre un dernier hommage.
Entre tristesse et mobilisation, la disparition de Ras Natty Baby agit comme un électrochoc national. À travers Leve do mo pep, c'est tout un message qui refait surface : celui d'un artiste qui, jusqu'au bout, aura appelé à la conscience collective. Aujourd'hui, c'est son peuple qui se lève pour lui rendre hommage.