Afrique de l'Ouest: Cheikh Tidiane Gadio appelle l'Afrique de l'ouest à la 'mobilisation collective' pour le Mali, 'un pays frère'

Dakar — L'ancien ministre sénégalais des Affaires étrangères, Cheikh Tidiane Gadio, a condamné, mardi, les dernières attaques terroristes contre le Mali, appelant la communauté ouest africains à une mobilisation collective pour ce "pays frère".

Le Mali a été, samedi dernier, le théâtre d'une offensive coordonnée d'une ampleur inédite menée par des membres du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM) et des rebelles du Front de libération de l'Azawad (FLA).

"La communauté ouest africaine doit se réveiller face à la situation de ce pays frère. Nous faisons tous partie du Mandé (royaume historique) et le massacre de ses populations n'est pas acceptable", a-t-il déclaré.

M. Gadio, président de l'Institut panafricain de stratégies (IPS) intervenait lors d'une table ronde centrée sur le rôle des partis politiques : "Repenser le dialogue interpartis et la construction du consensus en Afrique de l'Ouest : Consultations au Sénégal".

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Selon lui, "ce qui se passe au Mali n'est pas supportable. On ne peut pas aller regarder ça et puis passer à autre chose".

Cheikh Tidiane Gadio estime que la communauté régionale ouest africaine doit avoir une réaction au lieu de s'emmurer dans ce "silence assourdissant".

"Il ne faut pas que les Africains soient immunisés contre des violations aussi flagrantes des droits humains, des attaques aussi morbides, aussi criminelles", a-t-il soutenu.

[...] quand le Mali vit une tragédie, nous tous, nous devons la vivre. Je trouve que nous sommes devenus très tolérants par rapport à la violence. On s'adapte à tout et ce n'est pas bien", a déploré M. Gadio.

L'absence de riposte, d'organisation et parfois de leadership des Africains ouvre la porte aux dérives, selon Gadio, qualifiant d'extraordinaire", ce qui se passe au Mali.

"Ce qui se passe devant nous, au Mali, c'est extraordinaire. On est en train, comme dans des cas qu'on a eus en Afrique dans le passé, d'assister comme au Rwanda et ailleurs au Soudan, aujourd'hui, à des génocides ou des actes génocidaires et on s'habitue, le soir on regarde à la télévision et puis on passe à autre chose", a déploré Cheikh Tidiane Gadio.

Il a plaidé pour une réponse à cette crise à travers "un dialogue profond". "Il faut que les gens se parlent. Pourquoi pas un dialogue très profond sur ce qui se passe, ce malheur qui arrive en Afrique de l'Ouest", a-t-il suggéré.

"Certes, il y a la question militaire, la question de la sécurité pour tout le monde, mais il y a aussi la question d'une société qui se fracture, qui va dans toutes les directions", a ajouté Cheikh Tidiane Gadio.

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