Tchad: Huit membres du GCAP sous mandat de dépôt, indignation au sein de cette plateforme d'opposition

Au Tchad, les huit opposants du Groupe de concertation des acteurs politiques (GCAP) ont tous été placés sous mandat de dépôt le 28 avril, quatre jours après leur arrestation le 25 avril. Ils ont été auditionnés par le procureur de la République. Les chefs d'accusation sont nombreux : attroupement armé, mouvement insurrectionnel, rébellion et détention d'armes de guerre. Le GCAP prévoyait d'organiser « une marche de protestation et d'indignation pacifique » le 2 mai prochain. Pour leurs conseils et soutien, cette procédure est purement politique et signe la fin de la démocratie au Tchad.

Les huit opposants ont passé leur première nuit à la maison d'arrêt de Klessoum, dans la capitale du Tchad. Après avoir été auditionnés par le procureur de la République mardi après-midi, ils sont accusés d'avoir tenté de déstabiliser les institutions de l'État.

Pour le porte-parole du collectif d'avocats qui les défend, Maître Athanase Mbaigangnon, les intentions des autorités sont claires : « Ces poursuites impliquent naturellement des condamnations pour lesquelles les esprits sont déjà préparés. Mais de par le statut et la qualité des personnes concernées, tout porte à croire que nous avons affaire à un procès politique. Tout est parti d'un projet de marche pacifique qui avait été programmé mais interdit Donc, la connotation politique du procès relève de l'évidence. »

« Il n'y a plus de démocratie »

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Le porte-parole du parti Les Patriotes, membre du GCAP, ne cache pas sa déception et son pessimisme quant à l'avenir de la démocratie au Tchad. « Définitivement, il n'y a plus de démocratie, lance Hissène Abdoulaye. Nous sollicitons de la part de ces autorités, d'introduire - notamment dans la loi fondamentale - que le Tchad n'est plus un pays démocratique, que c'est un pays qui est régi par un parti unique et que les partis politiques n'ont plus de sens dans ce pays ».

La date du procès n'est pas encore connue et les avocats attendent de pouvoir avoir accès au dossier de leurs clients.

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