Tunisie: Transition énergétique - Feu vert à cinq concessions solaires dans trois gouvernorats

28 Avril 2026

L'Assemblée des représentants du peuple a adopté, mardi soir lors d'une séance plénière, cinq projets de loi portant approbation d'accords de concession relatifs à la production d'électricité à partir de centrales photovoltaïques dans plusieurs gouvernorats de la République. Ces projets s'inscrivent dans le cadre de la stratégie nationale visant à accélérer la transition énergétique et à diversifier les sources de production électrique.

Les textes adoptés concernent la centrale photovoltaïque de Khobna (n° 01/2026), approuvée par 73 voix pour, 9 abstentions et 33 voix contre ; la centrale de Mazzouna dans le gouvernorat de Sidi Bouzid (n° 02/2026), adoptée par 75 voix pour, 9 abstentions et 33 voix contre ; la centrale d'El Ksour dans le gouvernorat de Gafsa (n° 03/2026), adoptée par 72 voix pour, 8 abstentions et 32 voix contre ; la centrale de Sagdoud à Gafsa (n° 04/2026), adoptée par 70 voix pour, 8 abstentions et 30 voix contre ; ainsi que la centrale de Menzel El Habib dans le gouvernorat de Gabès (n° 05/2026), adoptée par 72 voix pour, 10 abstentions et 32 voix contre.

Ces cinq centrales sont réparties entre les gouvernorats de Sidi Bouzid, Gafsa et Gabès, avec une capacité de production totale d'environ 598 mégawatts et un coût d'investissement global estimé à 1,64 milliard de dinars. Les autorités misent sur ces projets pour réduire le coût de production de l'électricité, avec des tarifs de vente compris entre 98,8 et 124,4 millimes le kilowattheure, soit environ un tiers du coût de production basé sur le gaz naturel importé, estimé à environ 300 millimes.

Selon les données présentées, l'ensemble de l'énergie produite sera vendu exclusivement à la Société tunisienne de l'électricité et du gaz (STEG). Les projets permettront également de réaliser des économies en devises estimées à 246 millions de dinars et de réduire les importations de gaz naturel de 13,3 % par rapport au total des importations enregistrées en 2024.

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Les accords comportent des dispositions contractuelles communes, notamment une durée de concession fixée à 25 ans non renouvelable pour la majorité des projets, à l'exception de la centrale de Sagdoud à Gafsa dont la durée est fixée à 20 ans, avec possibilité de prolongation de 10 années supplémentaires. À l'expiration de la période de concession, les installations seront remises à la STEG pour un dinar symbolique, ou démontées et les sites réhabilités aux frais des investisseurs.

Les investisseurs bénéficient d'incitations fiscales, notamment une exonération de l'impôt sur les sociétés pendant 5 ans à compter du début de l'exploitation, portée à 10 ans pour le projet de Sagdoud. Les accords sont régis par le droit tunisien et prévoient un recours à la conciliation ou à l'arbitrage international à Genève jusqu'au remboursement des financements, avant un éventuel basculement vers la Chambre de commerce de Tunis.

Les projets se répartissent comme suit : la centrale de Khobna à Sidi Bouzid d'une capacité de 198 mégawatts pour un coût de 500 millions de dinars ; la centrale de Mazzouna à Sidi Bouzid d'une capacité de 100 mégawatts pour 270 millions de dinars ; la centrale d'El Ksour à Gafsa d'une capacité de 100 mégawatts pour 260 millions de dinars ; la centrale de Sagdoud à Gafsa d'une capacité de 100 mégawatts pour 305 millions de dinars ; et la centrale de Menzel El Habib à Gabès d'une capacité de 100 mégawatts pour un coût équivalent.

Concernant les projets individuels, la centrale d'El Ksour, réalisée par la société « Car International », devrait produire environ 260 GWh par an et générer des économies annuelles estimées à 52 millions de dinars en devises. Les centrales de Sagdoud et de Menzel El Habib devraient chacune produire environ 280 GWh par an, avec une réduction des importations énergétiques estimée à 56 000 tonnes équivalent pétrole par an pour chaque projet.

Lors des débats, les députés ont exprimé des positions divergentes. Les partisans de ces projets les ont présentés comme un choix stratégique visant à renforcer la sécurité énergétique nationale, réduire les coûts de production, soutenir le développement régional, dynamiser l'économie locale et créer des opportunités d'emploi.

Les opposants ont, pour leur part, soulevé des interrogations concernant la transparence dans la fixation des tarifs, leur adéquation avec la baisse mondiale des coûts des technologies solaires, ainsi que des réserves sur certaines clauses relatives à l'arbitrage international et leurs implications potentielles sur la souveraineté nationale. Ils ont également appelé à garantir la protection des terres agricoles productives.

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