Réuni en conférence de presse hier à Jade Court, Port-Louis, la Ministry of Health Employees Union, en collaboration avec la Federation of Public Sector and Other Unions, a lancé un appel urgent au ministère de la Santé face à la recrudescence des cas de violence dans les hôpitaux. Son président, Amarjeet Seetohul, estime que la sécurité du personnel soignant est devenue un «problème national».
Selon Amarjeet Seetohul, les récentes réponses données au Parlement ont mis en évidence «un problème grave dans la sécurité dans les centres hospitaliers». Pour lui, cette situation ne concerne pas uniquement les employés, mais aussi les patients, car «la population vient se soigner dans les centres hospitaliers». Il décrit les hôpitaux comme des «zones rouges», où le personnel est exposé à des comportements à risque, notamment de la part de personnes sous l'influence de l'alcool, de la drogue ou présentant une agressivité importante.
Le syndicaliste affirme que les employés travaillent «sous un stress considérable» et dans «la frayeur d'être agressés à n'importe quel moment». Il pointe également le manque de personnel comme l'un des facteurs aggravants. «Quand il y a un manque de personnel, on est incapable de fournir le service correctement», a-t-il soutenu, estimant que les longues attentes peuvent alimenter les tensions.
Le syndicat réclame ainsi une révision complète du dispositif de sécurité dans les hôpitaux. Il demande davantage de policiers, mieux équipés, mais aussi un personnel de sécurité «jeune, dynamique, formé et bien entraîné». Amarjeet Seetohul critique également l'usage actuel des caméras de surveillance, estimant qu'elles servent trop souvent après les faits. Il plaide pour une véritable salle de contrôle ou un transfert des images vers les postes de police, afin de permettre une intervention rapide.
Restez informé des derniers gros titres sur WhatsApp | LinkedIn
Autre priorité évoquée : le recrutement. Le syndicat propose notamment de mieux former certains membres du personnel de soutien afin de pallier le manque d'effectifs. Il insiste aussi sur l'importance de l'e-health, présenté comme un outil pouvant réduire les délais d'attente et améliorer la prise en charge des patients.
Cette conférence s'inscrivait également dans le cadre de la Journée internationale de la sécurité et de la santé au travail, célébrée hier. Pour Amarjeet Seetohul, le thème du bien-être au travail doit inclure l'environnement psychosocial. «Un travailleur doit être protégé dans son lieu de travail», a-t-il rappelé, souhaitant également une bonne fête du Travail à l'ensemble des employés à l'approche du 1eᣴ mai.