Il pleuvait sur Port-Louis. Pas de quoi décourager les absences, pensait-on de cette dernière séance parlementaire du mois d'avril. Mais à 11 h 27, le Premier ministre était déjà là. De l'autre côté de la salle, l'ex-Deputy Prime Minister avait lui aussi pris place. Et plus au fond, sur le banc des advisors, quelque chose d'inhabituel : un banc bondé, des épaules qui se touchaient presque. Parmi les visages reconnaissables de la presse, Suren Dayal et Takesh Luckhoo, ces deux derniers siégeant au board de la State Trading Corporation (PNQ du jour sur l'huile lourde oblige).
À l'intérieur, une chaleur qui défie la clim' ne parvenait pas tout à fait à contenir. La séance a débuté par un hommage solennel à Louis Percy LaFrance, ancien député décédé le 25 avril à l'âge de 70 ans.
Tout a changé avec la deuxième affaire du jour, la PNQ. À peine le ministre du Commerce, Michael Sik Yuen, entamait-il sa réponse sur la question de l'huile lourde que le leader de l'opposition, Joe Lesjongard, se lève pour un point d'ordre : la réponse n'est pas pertinente, dit-il.«It's not relevant.» La salle se réveille, on lui dit de laisser le ministre parler, mais Lesjongard insiste.
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Et Sik Yuen de lâcher: «Mo pou larg to bann pese deor akoz sa to pe panike.» De l'autre côté, Shakeel Mohammed tranche : «It is relevant.» Quelques secondes plus tard, pendant les questions supplémentaires, Navin Ramgoolam intervient à son tour, d'un ton qui n'est pas sans ironie : «Kisannla inn donn twa sa bann kestion-la.» Dix minutes, peut-être même moins. Les exclamations venaient de partout, des bancs de gauche, de droite, d'en haut, d'en bas. Puis, le calme est revenu, presque aussi vite qu'il s'était dissipé.
Restaient les PMQT. Navin Ramgoolam en a traversé dix, une par une, dans une salle revenue à elle-même.