Le Premier ministre, Navin Ramgoolam, a fait, hier, à l'Assemblée nationale, un point de situation sur le dossier des Chagos, à la suite de récents développements impliquant le Royaume-Uni et les États-Unis. Il est revenu sur les échanges récents avec les autorités britanniques, notamment un appel téléphonique du conseiller à la sécurité nationale du Premier ministre britannique,Jonathan Powell, le 22 avril. Ce dernier a réaffirmé l'engagement du Royaume-Uni envers l'accord, malgré la suspension du processus législatif à la Chambre des Lords. Une délégation du Foreign, Commonwealth and Development Office, conduite par Robbie Bulloch, accompagnée du négociateur en chef Peter Candler et du directeur juridique Paul McKell, est venue à Maurice le 22 avril pour des discussions avec le bureau de l'Attorney General et celui du Premier ministre.
Au coeur des blocages figure la signature d'un échange de notes actualisé entre le Royaume-Uni et les États-Unis concernant la base militaire de Diego Garcia, condition préalable à la reprise du projet de loi britannique. Londres a indiqué que, bien que les autorités américaines aient donné leur accord, celui du président des États-Unis reste en attente. Maurice a clairement fait savoir qu'elle ne pourrait attendre indéfiniment. Une réunion virtuelle est prévue fin mai pour faire le point.
Le Royaume-Uni a accepté la mise en oeuvre de plusieurs actions concrètes. Parmi les mesures annoncées, figure l'organisation d'une visite patrimoniale aux Chagos pour les membres de la communauté chagossienne, à la demande d'Olivier Bancoult, notamment. Cette initiative vise à permettre aux descendants des natifs de renouer avec leur terre d'origine.
Autre avancée notable : une délégation formelle de Chagossiens sera autorisée à se rendre au Royaume-Uni afin de rencontrer des parlementaires, des organisations et la presse britannique. L'objectif est de faire entendre la voix des natifs et de contrer ce que le gouvernement qualifie de désinformation.
Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres
Sur le plan scientifique, des chercheurs mauriciens pourront participer aux expéditions annuelles menées dans l'archipel, y compris celles liées à l'éradication des rats à Peros Banhos. Une délégation britannique est également attendue à Maurice pour évaluer les besoins en matière de sécurité maritime.
Par ailleurs, les deux parties entendent poursuivre les travaux liés à la zone marine protégée des Chagos. Enfin, Londres s'est engagé à avancer sur les points en suspens de l'accord et à accélérer la mise en oeuvre du cadre de partenariat stratégique signé en mai 2025.