Un colloque international sur le rôle de l'édition dans le renforcement de la conscience sociétale et de la sécurité intellectuelle s'est ouvert lundi à Rabat, à l'initiative de l'Organisation islamique pour l'éducation, les sciences et la culture (ICESCO), dans le cadre du programme "Rabat, Capitale mondiale du livre 2026".
Organisé en partenariat avec l'Université arabe Naif des sciences de la sécurité, cet événement vise à sensibiliser au rôle de l'industrie de l'édition face aux défis intellectuels et culturels contemporains, ainsi qu'à promouvoir la sécurité intellectuelle et sociétale, à travers le développement d'un contenu responsable contribuant à consolider les valeurs de tolérance et d'ouverture, à lutter contre les discours de haine et l'extrémisme, et à combattre la désinformation dans les espaces traditionnels et numériques.
À cette occasion, le directeur général de l'ICESCO, Salim bin Mohamed Al-Malik, a affirmé que l'Organisation poursuit ses efforts en vue de soutenir l'édition scientifique et culturelle, promouvoir une culture de la vérification et élargir l'accès à des connaissances fiables, à la faveur des partenariats scientifiques dans ce domaine.
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Il a également mis en avant l'importance d'établir une déontologie propre au secteur de l'édition fondée sur la fiabilité, la précision et le respect de l'intelligence du lecteur, tout en incitant les jeunes générations à vérifier leurs sources.
Dans le cadre de la célébration du programme "Rabat, Capitale mondiale du livre 2026", M. Al-Malik a appelé à l'élaboration d'une feuille de route associant les acteurs concernés pour un code de déontologie responsable, un programme d'éducation à la connaissance destiné aux jeunes et une plateforme numérique dédiée à l'édition scientifique, à même d'ouvrir de nouvelles perspectives pour consolider la qualité et l'éthique de l'édition.
Pour sa part, le secrétaire du Conseil suprême de l'Université arabe Naif des sciences de la sécurité, Khalid bin Abdulaziz Alharfash, a mis en exergue l'importance de ce colloque dans la prise de conscience profonde du rôle central de l'édition dans l'édification d'une société du savoir mondiale, en tant que passerelle pour l'échange d'idées et le transfert des sciences et levier pour renforcer la conscience sociétale et consacrer les valeurs de modération.
Dans un contexte mondial marqué par l'essor numérique, notamment dans le secteur de l'édition, les données de 2025 font état de changements fondamentaux, particulièrement un recours croissant au contenu digital et l'expansion des plateformes interactives, a-t-il dit.
De son côté, le ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, Mohamed Mehdi Bensaid, a fait savoir que la question de la sécurité intellectuelle est principalement liée à la "construction de la conscience", sachant que le livre constitue le premier rempart protégeant l'esprit des jeunes contre les idées extrémistes et erronées.
Dans une allocution lue en son nom par la directrice du livre, des bibliothèques et des archives, Ghizlane Drous, M. Bensaid a jugé important de conjuguer les efforts en vue de la diffusion de contenus édifiants et instructifs, à même de consacrer les valeurs de tolérance et de coexistence.
Le ministre de la Justice, Abdellatif Ouahbi a, quant à lui, fait observer que le Maroc ambitionne, de protéger les informations, garantir la sécurité de la publication et préserver les intérêts protégés par la loi.
Dans une allocution lue en son nom par le directeur des affaires pénales, des grâces et de la détection de la criminalité au ministère de la Justice, Hicham Mellati, le ministre a rappelé que les mesures prises à cet effet s'articulent autour de trois axes fondamentaux, à savoir l'adoption d'une série de conventions, la modernisation du cadre juridique et le développement institutionnel.
Ce colloque de deux jours, marqué par la participation de responsables gouvernementaux et d'experts, comprend six tables rondes, ainsi qu'un atelier de formation sous le thème "Édition et sécurité intellectuelle : de la protection des contenus à la construction de la conscience sociétale".
Bouillon
Festival
La 11ᵉ édition du Festival JIDAR - Rabat Street Art Festival, qui s'est tenue du 16 au 26 avril, a enrichi le paysage urbain de la capitale avec 15 fresques monumentales et un mur collectif, portant à 146 le nombre total de fresques réalisées depuis 2015.
Cette progression "dépasse le simple cumul pour dessiner une véritable transformation du paysage urbain", indiquent les organisateurs dans un communiqué, notant qu'"en un peu plus d'une décennie, JIDAR a contribué à faire de Rabat une capitale du Street Art sur le continent africain, régulièrement citée pour la qualité de ses fresques monumentales et la cohérence de son parcours artistique à l'échelle de la ville".
Le festival aura ainsi "réactivé cette sensation désormais familière : celle d'une ville en mouvement, devenue terrain d'expérimentation à ciel ouvert pour des artistes venus du Maroc et d'ailleurs", selon la même source.
Au total, près de 2.500 m² de surfaces murales supplémentaires ont été réalisés en 2026, portant à plus de 20.000 m² la surface peinte depuis la création du festival. "Derrière ces chiffres, une réalité tangible : celle d'une ville qui se construit, couche après couche, image après image. En onze éditions, plus de 250 artistes ont contribué à cette cartographie vivante", précise-t-on.
Dans cette dynamique, le mur collectif continue de jouer un rôle clé. Véritable laboratoire à ciel ouvert, il s'impose comme un espace de formation, d'expérimentation et de révélation. "Le mur collectif est une véritable pépinière d'artistes muralistes marocains. C'est là que beaucoup font leurs premières armes à grande échelle, avant de s'approprier pleinement la ville", souligne Salah Malouli, directeur artistique du festival, cité par le communiqué.