Plus de 60 détenus sont maintenus sans procès depuis près de deux ans au tribunal de grande instance de Tshimbulu, dans la province du Kasaï-Central, en raison du manque de juges. L'alerte a été lancée mardi 28 avril par la structure de la société civile Debout Congolais pour le développement Durable (DCDD).
Selon cette organisation, aucune audience n'a été organisée durant cette période, plongeant de nombreux détenus dans l'incertitude, y compris certains arrêtés pour des faits mineurs.
Un seul juge pour cinq territoires
Le tribunal de grande instance de Tshimbulu couvre cinq territoires : Dibaya, Demba, Kazumba, Dimbelenge et Luiza. Malgré l'étendue de son ressort, l'institution ne disposerait actuellement que d'un seul juge, alors qu'au moins trois magistrats sont nécessaires pour siéger régulièrement.
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Selon Martin Mutela, coordonnateur territorial du DCDD, les détenus vivent dans des conditions particulièrement précaires.
« Beaucoup sont détenus de manière illégale et n'ont pas accès à l'appui judiciaire qui leur permettrait de jouir de leurs droits », a-t-il dénoncé.
Des violations des droits humains dénoncées
Le DCDD estime que cette paralysie judiciaire favorise de nombreuses violations des droits fondamentaux, notamment les détentions arbitraires et les mauvais traitements.
L'organisation rappelle les principes consacrés par la Déclaration universelle des droits de l'homme, notamment le droit à la liberté individuelle et l'interdiction de traitements inhumains.
Face à cette situation, la société civile appelle les autorités provinciales et nationales à intervenir en urgence pour renforcer les effectifs judiciaires et rétablir le fonctionnement normal du tribunal.
Pour l'organisation, il y va non seulement du respect des droits des détenus, mais aussi de la crédibilité de la justice dans cette partie du Kasaï-Central.