Afrique de l'Ouest: Attaques au Mali - Le RESO-AES exprime son indignation

Le Réseau stratégique des observateurs de la Confédération des Etats du Sahel (RESO-AES) a condamné les récentes attaques terroristes survenues au Mali lors d'une conférence de presse, le mercredi 29 avril 2026, à Ouagadougou.

Suite aux récents évènements survenus, le samedi 25 avril dernier, dans plusieurs localités au Mali, le Réseau stratégique des observateurs de la Confédération AES (RESO-AES), réuni en session d'urgence en ligne le 27 avril 2026, a produit un communiqué dont le contenu a été livré aux médias. C'était lors d'une conférence de presse animé par le coordonnateur pays du RESO-AES, Lianhoué Imhotep Bayala, le mercredi 29 avril 2026, à Ouagadougou.

Dans son communiqué, le RESO-AES a condamné avec la plus grande fermeté ces attaques terroristes simultanées dont le mode opératoire s'apparente à une stratégie de décapitation politique destinée à semer la démoralisation dans les rangs, briser la confiance populaire et affaiblir la résilience nationale et confédérale.

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Le réseau a particulièrement dénoncé le ciblage délibéré d'une résidence privée, l'atteinte à des membres de famille non engagés dans les opérations militaires et la volonté manifeste de frapper au coeur des symboles de commandement qui révèle, selon lui, un degré supplémentaire dans l'horreur, la perfidie et la barbarie.

De tels actes constituent, par ailleurs, a souligné le communiqué, une violation flagrante des principes du droit international humanitaire, notamment de la distinction entre objectifs militaires et biens civils, ainsi qu'une atteinte grave au droit à la vie, à la sécurité et à la protection des non-combattants.

En plus de cet aspect, le RESO-AES a décelé en ces attaques une mutation préoccupante du mode opératoire des terroristes. « Il ne s'agit plus seulement d'actions de harcèlement contre des positions militaires ou des infrastructures économiques et administratives, mais d'une détermination à affaiblir la chaîne hiérarchique et perturber la continuité opérationnelle des forces de défense et de sécurité », ont estimé les membres de l'organisation. Ils voient également en ces attaques une volonté manifeste de transformer la menace collective en permanente, de provoquer un traumatisme dans les opinions publiques et briser la confiance populaire.

A la lumière des débats tenus lors de sa réunion d'urgence, les participants ont formulé des recommandations à l'endroit des autorités et des populations de l'espace confédéral.

« Il y a une main extérieure »

Ils ont appelé notamment à un renforcement immédiat des dispositifs de renseignement, de contre-infiltration et d'anticipation à l'échelle confédérale. « Une attaque de cette ampleur, conduite de manière coordonnée et avec un ciblage aussi sensible, invite à une vigilance accrue sur les failles potentielles, les vulnérabilités structurelles et les circuits de circulation de l'information », ont estimé les observateurs de l'AES.

Ils ont, par ailleurs, suggéré une révision de la doctrine de protection des personnalités en y intégrant leurs domiciles et leur environnement familial. « La protection des hautes personnalités ne peut plus être pensée uniquement autour de leurs déplacements officiels ou de leurs fonctions institutionnelles visibles. Les domiciles privés, les cercles de proximité et les environnements familiaux doivent désormais être pleinement intégrés dans la doctrine de sécurité », ont-ils préconisé.

Convaincu que l'un des objectifs majeurs de ces attaques est de briser le moral des peuples, le RESO-AES a appelé à une mobilisation collective contre la guerre psychologique et informationnelle. « Les peuples doivent être rassurés, remobilisés et protégés contre les récits hostiles, les rumeurs, les manipulations et les campagnes de désinformation », ont-ils soutenu.

Ils ont, en outre, insisté sur la nécessité, pour les Etats, de reprendre l'initiative communicationnelle. « Les informations avérées doivent être portées à la connaissance des populations avec célérité, responsabilité et cohérence. Les vides informationnels affaiblissent la confiance, nourrissent la confusion et laissent le terrain libre aux narratifs adverses », ont-ils signifié.

Le RESO-AES a aussi exhorté à une prise de conscience plus ferme de la gravité de l'évolution du terrorisme et à une action plus cohérente contre toutes les formes de soutien, de complaisance, de banalisation ou d'instrumentalisation de la violence terroriste.

Les membres de l'organisation pour leur part, se sont engagés à contribuer activement à la bataille du narratif et de la souveraineté informationnelle.

Pensez-vous que les terroristes ont bénéficié d'un soutien extérieur pour perpétrer les récentes attaques au Mali ? A cette question des journalistes, Lianhoué Imhotep Bayala a répondu sans tergiverser par l'affirmative. « Quand on regarde la coalition d'acteurs qui ont perpétré ces attaques, on peut bien se convaincre qu'il y a une main extérieure », a-t-il affirmé.

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