L'armée malienne continue de ratisser Bamako à la recherche d'éventuels suspects alors que le Jnim annonce un blocus sur la capitale.
Au Mali, quatre jours aprèsles attaques terroristes coordonnées contre les aéroports ainsi que les camps de l'armée malienne dans plusieurs localités du pays, les armes se sont tues, mais la tension demeure palpable parmi les populations, notamment à Bamako. L'armée continue de ratisser la capitale malienne à la recherche d'éventuels suspects. Des opérations anti-terroristes qui se déroulent alors que le Jnim, affilié à Al-Qaïda, annonce un blocus sur Bamako.
Allégations d'arrestations arbitraires
A Senou, dans la zone aéroportuaire en périphérie de Bamako, les habitants, vivent depuis le week-end dernier dans l'angoisse des frappes de l'armée malienne ciblant les éléments terroristes qui y sévissent. Ceux-ci ont trouvé refuge sur place. Samedi dernier (25.04), de fortes détonations ont été entendues à côté de l'aéroport international de Bamako Senou. Ce qui avait contraint les autorités à fermer le site par mesure de sécurité.
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Pour cette habitante de Sénou, "nous vivons dans la peur et dans la panique. Senou est un endroit éloigné, les éléments terroristes partent donc se réfugier là-bas. Samedi dernier, on pouvait entendre des tirs, de fortes détonations. Lorsque l'armée est intervenue afin de les déloger, on pouvait même les entendre. Nos FAMa ont même interpellé un suspect dans la zone."
Dans le secteur, les forces armées maliennes mènent régulièrement des patrouilles pour tenter de déloger les derniers assaillants qui s'en sont pris à l'aéroport de Bamako Senou le week-end dernier et qui se cacheraient dans ce quartier situé en périphérie de Bamako.
Ailleurs dans la capitale, dans plusieurs quartiers, des cas d'arrestation arbitraire et de lynchage ont été signalés - des habitants estimant à tord pouvoir rendre justice en s'en prenant à des personnes qu'elles tiennent pour des combattants djihadistes.
Fausses alertes
Mardi (28.04), les cours ont été suspendus dans certains établissements scolaires de Bamako en raison d'une fausse alerte autour d'un suspect, qui n'était en réalité qu'un habitant bien connu du quartier des 1008 logements sociaux de Bamako.
Kadiatou, une habitante de la capitale, condamne cet amalgame et estime que la population peut aider autrement l'armée dans sa lutte contre le terrorisme. D'après elle, "la population peut aider l'armée malienne dans le sens ou s'il y a quelqu'un de suspect sur le terrain et que ce dernier sème le doute à travers ses faits et gestes, la population peut aider en termes de renseignements. Nous devons surtout appliquer les consignes de sécurité édictées par les autorités. Par exemple, malgré l'instauration du couvre-feu, certains ont le courage, le culot de sortir au-delà des heures établies. Je pense que le changement doit venir de nous même d'abord en cette période de crise."
Une situation volatile à Bamako, à moins de 24 heures des funérailles nationales du général de corps d'armée Sadio Camara, ministre d'Etat, ministre de la Défense, tué samedi dernier, dans l'attentat à la voiture piégée ayant visé son domicile privé à Kati.