Congo-Brazzaville: Marché mondial du carbone - Des jeunes congolais engagés à jouer un rôle central dans la transition écologique

Une trentaine de jeunes militants écologistes, activistes climatiques et responsables associatifs, s'est réunie le 25 avril à Brazzaville pour réfléchir sur les enjeux des négociations climatiques internationales ainsi que les opportunités qu'offre le marché mondial du carbone.

Organisée dans un contexte où les questions climatiques occupent une place de plus en plus stratégique dans les politiques publiques internationales, la rencontre a connu la participation, par visioconférence, de jeunes négociateurs climatiques du Cameroun et du Gabon. Elle témoigne de la volonté croissante de la jeunesse congolaise de jouer un rôle central dans la transition écologique et dans la construction d'une économie verte, résiliente et créatrice d'emplois. « Leur présence a permis d'enrichir les échanges, de partager des expériences régionales et de renforcer la coopération entre les jeunes acteurs environnementaux du bassin du Congo », a indiqué le président du Mouvement des jeunes écologistes congolais (MJEC), Espanich Motondo, également coordonnateur de ces assises.

Les participants ont analysé, pendant cette journée d'échange, les mécanismes complexes des négociations climatiques mondiales, notamment ceux relatifs aux marchés carbone, aux financements verts et aux instruments économiques issus de l'Accord de Paris. L'objectif principal étant de permettre à la jeunesse congolaise de mieux comprendre les nouvelles dynamiques de l'économie climatique et d'identifier les voies d'accès aux financements internationaux destinés aux projets environnementaux.

« Au terme des travaux, la coalition des associations des jeunes congolais œuvrant pour la protection de l'environnement a adopté un ambitieux projet collectif axé sur l'afforestation, le reboisement et la conservation forestière. Cette initiative vise un double objectif : restaurer les écosystèmes dégradés tout en générant des emplois verts et durables pour les jeunes », a annoncé le président du MJEC.

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Selon Espanich Motondo, ce projet prévoit, dans sa première phase, la plantation de 250 000 arbres dans les zones sévèrement touchées par l'érosion ainsi que dans les espaces déforestés situés à proximité des tourbières de Ngamakala, à environ 35 kilomètres au Nord de Brazzaville. Ces tourbières, considérées parmi les plus importantes réserves de carbone au monde, jouent, a-t-il commenté, un rôle essentiel dans la régulation du climat mondial. « La protection de cet écosystème constitue un enjeu majeur non seulement pour la République du Congo, mais également pour l'ensemble de la planète. En restaurant le couvert forestier autour de ces zones sensibles, les jeunes congolais entendent contribuer à la séquestration du carbone, à la lutte contre la désertification, à la protection de la biodiversité et à la préservation des ressources hydriques », a-t-il précisé.

Vers la création d'un réseau sous régional de jeunes négociateurs et entrepreneurs climatiques

Au-delà de son impact environnemental, ce projet se veut, a poursuivi le coordonnateur de ces assises, un puissant levier de développement socio-économique. Il ambitionne de créer une centaine d'emplois directs et indirects dans les domaines de la pépinière, de la plantation, du suivi écologique, de la surveillance communautaire, de la certification carbone et de la valorisation des produits forestiers non ligneux. Cette initiative s'inscrit parfaitement dans la vision écologique portée par le gouvernement congolais, notamment à travers la Décennie des Nations unies pour le boisement et le reboisement. Elle traduit également la volonté des jeunes de contribuer activement à la mise en œuvre des engagements climatiques nationaux.

« Les participants ont souligné que le marché mondial du carbone représente aujourd'hui une opportunité historique pour les pays forestiers comme le Congo. Avec ses vastes forêts tropicales, ses tourbières stratégiques et son potentiel exceptionnel en matière de séquestration carbone, le pays dispose d'atouts considérables pour attirer les investissements verts », a-t-il expliqué.

Ainsi, les participants ont insisté sur la nécessité de renforcer leurs capacités techniques, institutionnelles et entrepreneuriales afin de mieux se positionner sur ce marché hautement compétitif. Ils ont plaidé, par ailleurs, pour la mise en place de programmes de formation spécialisés, d'incubateurs verts et de mécanismes d'accompagnement financier adaptés aux initiatives portées par la jeunesse. La rencontre du 25 avril a également permis de jeter les bases d'un réseau sous régional de jeunes négociateurs et entrepreneurs climatiques d'Afrique centrale. Une dynamique de coopération appelée à se renforcer dans les mois à venir afin de mutualiser les compétences, partager les expériences et porter une voix commune dans les grandes négociations internationales.

Notons que l'organisation de cette rencontre a été rendue possible grâce au soutien de la présidente du Forum horizon initiative créativité, Aline France Etokabeka, marraine de l'activité, dont l'engagement constant en faveur de la jeunesse, de l'innovation et de la protection de l'environnement a été unanimement salué par les participants.

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