Thiès — Divers acteurs territoriaux de la région de Thiès ont participé, mercredi, à des concertations initiées par la Direction générale du développement communautaire et de la promotion de l'équité (DGDCPE), en vue d'associer les territoires à l'élaboration d'une Stratégie nationale de l'équité.
Des élus territoriaux, des chefs de services déconcentrés de l'État, des responsables de projets et programmes, ainsi que des représentants d'organisations de jeunesse, de femmes, des acteurs de la société civile, des partenaires techniques et financiers ont pris part à ces concertations.
Ils ont contribué à mettre en exergue les disparités territoriales dans la région de Thiès, particulièrement en termes d'accès aux services sociaux de base, entre les zones urbaines, d'une part, et les zones rurales et périphériques, d'autre part.
Le ministère de la Famille, de l'Action sociale et des Solidarités, à travers la DGDCPE, entend impulser une nouvelle dynamique dans la conception des politiques sociales.
Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres
L'ambition affichée est de co-construire, avec les acteurs locaux, des réponses adaptées aux réalités spécifiques à chaque territoire.
Ses responsables sont "venus à Thiès surtout pour écouter les acteurs, parce que ce sont ces acteurs qui connaissent ce qui se passe et surtout les problématiques" locales, a souligné la directrice générale du développement communautaire et de la promotion de l'équité, Aasiya Gaye.
Elle a insisté sur l'importance d'avoir un état de référence, chaque fois que de nouvelles politiques sont élaborées.
Des concertations similaires ont été tenues dans 10 des 14 régions du Sénégal avant l'étape de Thiès, afin de recueillir les situations de référence spécifiques à chacune d'entre elles.
Aasiya Gaye a souligné l'importance de Thiès dans le développement économique, mais surtout social du pays, en tant que deuxième région du Sénégal.
En raison de sa démographie assez importante et de sa position stratégique, la région concentre de multiples problématiques liées à l'accès aux services sociaux de base.
Il est question de connectivité en termes d'axe routier, d'accès à l'énergie, à l'eau et à l'assainissement. "Nous y avons rajouté tout ce qui est lié à la culture et à la jeunesse", a précisé Mme Gaye.
Les questions de logement, d'urbanisation sont aussi prises en compte. "Aujourd'hui, nous voyons que les impacts d'une urbanisation non maîtrisée créent beaucoup d'inégalités, avec la croissance démographique, les lotissements qui ne sont pas accompagnés de services sociaux de base", a relevé Aasiya Gaye.
L'adjoint au gouverneur en charge du développement, Ababacar Sadikh Niang, a salué cette "initiative salutaire", consistant à impliquer les acteurs territoriaux de la région, dans le processus d'élaboration et de mise en oeuvre des politiques publiques, relatives à la promotion de l'équité territoriale et de la justice sociale.
Il a cité les "atouts indéniables" de la région, à savoir "une agriculture productive, une zone côtière prospère, un secteur minier fort et prometteur, un secteur artisanal vivant, un potentiel touristique réel, un secteur industriel dynamique, des jeunes entreprenants et des femmes qui, chaque jour, portent à bout de bras, l'économie familiale et communautaire".
Thiès reste toutefois confrontée à des défis liés à un "accès insuffisant à certains services sociaux de base dans des localités reculées", sans compter le chômage des jeunes et la précarité de "certains groupes vulnérables et des inégalités de genre persistantes".
La Stratégie nationale de l'équité, en cours d'élaboration, ambitionne de "doter notre pays d'un instrument de pilotage cohérent, pour harmoniser les interventions de l'État en matière d'équité", a ajouté M. Niang.
Il a noté que le Sénégal, à travers les nouvelles orientations politiques déclinées dans l'Agenda national de transformation "Vision Sénégal 2050", "s'est résolument engagé dans une démarche visant à atteindre une nation souveraine, juste, prospère et ancrée dans des valeurs fortes".
"Au cœur de cette vision, l'équité sociale et territoriale se positionne, non pas comme une option idéologique, mais comme un droit fondamental et un levier stratégique de développement durable", poursuit-il.
L'adjoint au gouverneur a aussi évoqué, dans le même sens, les priorités de la Stratégie nationale de développement 2025-2029, qui "s'articulent autour d'un contrat social renouvelé, alliant justice sociale, équilibre des territoires et résilience des populations, face aux risques sociaux".