Trois petits États appliquent le droit et leur politique constante - et se retrouvent mis en accusation. Les grandes puissances, elles, s'autorisent toutes les nuances. À chacun ses principes ?
Le refus par Maurice, les Seychelles et Madagascar d'autoriser le survol de leur espace aérien à un appareil lié à Taïwan, a déclenché une salve de critiques dans certaines capitales occidentales. Le vocabulaire employé - «abus», «pressions», «intimidation» - trahit moins une analyse juridique qu'un réflexe politique.
Car sur le plan du droit, il n'y a guère de débat. La Convention de Chicago relative à l'aviation civile internationale est sans équivoque - chaque État exerce une souveraineté pleine et entière sur son espace aérien. L'article 1 en consacre le principe, et l'article 3 rappelle qu'un aéronef d'État ne peut survoler un territoire étranger sans autorisation préalable. Le survol n'est pas un droit. Il est une permission.
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Il est donc pour le moins paradoxal de voir qualifier «d'abus» l'exercice même de cette souveraineté. Pourquoi, dès lors, une telle agitation ? Parce que la question n'est pas seulement aérienne. Elle est éminemment politique. La dite République de Chine (Taïwan) n'est reconnue que par une poignée d'États - une douzaine à peine, dont l'Eswatini en Afrique. Mais elle bénéficie, dans le même temps, de relations d'une densité remarquable avec des pays qui, officiellement, ne la reconnaissent pas.