Ile Maurice: Une première journée au pas de charge

Les consultations pré-budgétaires 2026-2027 ont été lancées hier, sous la présidence du junior minister des Finances, Dhaneshwar Damry, et s'étaleront sur cinq jours. Elles ont débuté avec les planteurs et les éleveurs, suivis des sociétés coopératives, des Petites et Moyennes Entreprises (PME) et des startups, ainsi que des associations et professionnels du tourisme, les tour-opérateurs et les opérateurs de plaisance.

Dhaneshwar Damry a expliqué qu'un ajustement a été apporté, cette année, à la méthodologie, avec l'introduction de focus groups. «Des petits groupes nous permettent de discuter davantage. Parfois, nous, les techniciens, comprenons très bien notre domaine, mais c'est quand on discute qu'on apprend les réalités du terrain. C'est très important parce qu'un budget est d'abord là pour soulager la population et pour aborder les problèmes des citoyens.»

Le contexte

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Le junior minister a replacé cet exercice dans son contexte. «Il ne faut pas oublier l'héritage que le précédent gouvernement nous a laissé : 90 % de dettes. Quand on compare cela avec 2014, sous le gouvernement travailliste, elle était à 60 %». Il a ajouté que le gouvernement «a redressé la barre. On l'avait ramené à 88 %. Nous étions dans la bonne direction. Nous sommes toujours dans la bonne direction. Mais il y a eu le conflit au Moyen-Orient» et les prix flambent.

Il avance que «dans cet exercice budgétaire, le ministère des Finances est dans un Balancing act (entre trois paramètres). Le premier, ce sont les revenus, que nous appelons les taxes. Le deuxième, la protection sociale. Il nous faut cibler surtout ceux qui ont besoin d'aide. Le troisième, c'est la relance de l'économie.»

Il a fait ressortir que les objectifs sont la création d'emplois, le progrès inclusif, l'amélioration des systèmes de santé et d'éducation, ainsi que des services essentiels comme l'électricité et l'approvisionnement en eau. «Tout cela doit se faire dans un contexte où les partenaires et les observateurs sont satisfaits de notre performance financière, c'est-à-dire de la stabilité macroéconomique. C'est dans ce contexte que les consultations ont été lancées.»

Dhaneshwar Damry précise que cet exercice est mené de manière collective. «C'est très important que nous fassions cet exercice en équipe. Ensuite, nous le présenterons au Premier ministre, qui présentera le Budget en juin ».

Les secteurs

Les représentants des différents secteurs ont partagé leurs principales préoccupations et propositions à l'issue des échanges. Pour Kailash Ramdhary, de la Falcon Association, qui représente les planteurs, le junior minister a été à l'écoute. «Nous avons fait part de la situation des petits planteurs. Avec le conflit au Moyen-Orient, nous avons évoqué des solutions. Par exemple, les fertilisants ont augmenté et, aujourd'hui, nous envisageons des alternatives locales», explique-t-il.

Le manque de mécanisation a été abordé - «Le junior minister nous a donné la garantie qu'il trouvera une solution» - de même que l'irrigation, un élément important, que ce soit pour les planteurs de canne, des cultures vivrières ou pour les éleveurs.

Du côté du mouvement coopératif, Raffick Nabee Mamode de la Mauritius Cooperative Alliance Ltd, a avancé que «pour le mouvement en général, la proposition la plus importante est la création d'une Cooperative house pour le mouvement coopératif comme cela se fait à l'étranger. Ensuite, il faut une Cooperative bank où chaque coopérateur a un sentiment d'appartenance et détient des parts dans cette banque. Nous voulons aussi introduire le concept de cooperative insurance. Concernant le Credit union, qui est le secteur le plus performant, nous souhaitons que le gouvernement aille de l'avant avec nos propositions.»

Les attentes

Ajay Beedasee, président de la SME Chamber, a demandé que les PME soient soulagées des fardeaux qu'elles portent depuis la pandémie du Covid-19 afin d'éviter leur fermeture, alors qu'elles créent de l'emploi. La demande prioritaire, dit-il, reste l'annulation du remboursement du Government Wage Assistance Scheme. «Nous avons déjà des prêts commerciaux», soulignet-il, estimant que la situation actuelle est encore plus difficile que celle de l'après-pandémie.

Il insiste sur la protection de la production locale et des PME. Du côté du secteur touristique, plusieurs propositions ont également été avancées. Daniel Saramandif, de l'Association of Tourism Professionals, indique que la principale proposition concerne la contribution de trois euros par touristes par nuitée.

Il plaide pour plus de transparence et la création d'un Tourism Fund afin de renforcer les moyens du secteur. Il rappelle qu'environ 1,4 million de touristes ont été enregistrés l'année dernière et qu'il est difficile, cette année, d'avancer des prévisions en raison du conflit au Moyen-Orient. Mais il reste malgré tout optimiste. Il a proposé également de rendre obligatoire l'installation de systèmes photovoltaïques dans les hôtels afin de renforcer l'autonomie énergétique du secteur.

Les consultations se poursuivent aujourd'hui, avec les femmes entrepreneures, les associations de consommateurs ainsi que les acteurs du transport et de l'automobile.

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