Une longue bataille. C'est ce qu'avait mené Ras Natty Baby pour obtenir l'allocation de solidarité de la Mauritius Society of Authors (MASA). De même que les arriérés qu'il estimait impayés depuis qu'il avait eu 60 ans en 2014. Plusieurs fois, l'artiste avait brandi la menace d'une grève de la faim. Dans une vidéo, sur son lit d'hôpital, à Jeetoo, il s'était plaint d'une situation qui s'éternisait. Avant de dépublier la vidéo.
Alors que la dépouille de Ras Natty, rapatriée d'Inde où il est décédé dimanche, est attendue au pays aujourd'hui, Joëlle Coret, présidente de la MASA, a apporté des précisions concernant le cas de l'artiste disparu. C'était hier, lors d'une conférence de presse à l'hôtel Le Saint Georges, à Port-Louis. Il s'agissait de la première conférence de la présidente de la MASA, nommée en novembre 2025. Elle avait à ses côtés quatre membres élus, des représentants des artistes qui siègent au board de la MASA ainsi que le directeur de l'institution, Gérard Louise.
La réclamation de Ras Natty Baby à la MASA est devant la justice. «Le 30 mars 2026, le cas en cours a été renvoyé au 16 juin 2026. Vu l'urgence et la situation de Ras Natty Baby, le cas a été inscrit à l'ordre du jour de la réunion du conseil d'administration du 9 avril 2026. Le conseil a approuvé le paiement que Ras Natty Baby réclamait, sans dommages et intérêts. Le montant est de Rs 153 000. Le 22 avril 2026, le conseil d'administration de la MASA a aussi approuvé le paiement d'un soutien financier additionnel à hauteur de Rs 50 000, en solidarité avec l'artiste pour son traitement médical. Il était au courant de ces développements.»
Joëlle Coret a souligné que l'artiste, avant sa disparition, était «en contact direct» avec elle ainsi qu'avec le directeur de la MASA, Gérard Louise. «Li finn exprim nou so konfians ki nou ti pou resi fer kiksoz pou li.» L'artiste aurait indiqué que bien qu'il avait réclamé, dans le passé, des dommages et intérêts, il était revenu à «de meilleurs sentiments». «Linn dir li le zis seki dwa li.»
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La présidente de la MASA a souligné que les paiements ont été effectués, «avant son décès». Elle a martelé qu'il faut «se baser sur des faits et non des interprétations». «Ne plus laisser la confusion et les rumeurs affaiblir la communauté des artistes.» La présidente a également plaidé pour qu'avant que des critiques ne soient émises contre la MASA, chacun «reconnaisse qu'il y a des dossiers qui datent de plusieurs années. Nous devons corriger des erreurs du passé, pour plus de justice dans le système». Et, que contrairement à certains commentaires, non, la MASA «n'a pas attendu la veille de sa mort pour soutenir Ras Natty Baby».
Parmi les autres sujets évoqués lors de cette conférence de presse : le forensic audit trail, pour établir qui sont les ayantsdroits à qui la MASA doit la somme de Rs 95 millions. Une somme accumulée au fil du temps, dans les comptes de la MASA, sans avoir été distribuée. Stephan Rezannah, membre du board, a indiqué que les terms of reference établis par le ministère des Arts et de la culture n'ont pas été approuvés par le conseil d'administration de la MASA. Celui-ci a exprimé son impression de «mainmise et de soumission du board».
La présidente de la MASA a alors rencontré le ministre Mahen Gondeea qui s'est dit favorable à une refonte des terms of reference du forensic audit trail qui sera effectuée par un cabinet indépendant. Enfin, le directeur de la MASA a évoqué le processus de restructuration de l'institution, en annonçant que des procédures sont en finalisation pour que des paiements aux interprètes deviennent une réalité.